jeudi,27 janvier 2022
AccueilA La UneGabon: Patrick Assoumou Eyi alias «Capello» accusé d'abus sexuels sur des jeunes...

Gabon: Patrick Assoumou Eyi alias «Capello» accusé d’abus sexuels sur des jeunes footballeurs

Ecouter cet article

C’est la révélation choc faite par les médias sportifs de renommée mondiale tels The Guardian et L’Équipe. En effet, le rapport d’investigations du très sérieux journaliste Romain Molina révèle que Patrick Assoumou Eyi alias « Capello », Directeur technique de la Ligue de Football de l’Estuaire (LFE) par ailleurs ancien entraîneur de l’équipe des Panthères moins de 17 ans, aurait abusé sexuellement de plusieurs dizaines de jeunes aspirant à une carrière professionnelle dans le Football. 

« Tout ce qui monte finit par descendre », énonce une des célèbres citations d’Edward Murphy. Pour ainsi dire que les choses cachées finissent toujours par être révélées au grand jour. C’est assurément ce que semble défendre Romain Molina, journaliste d’investigations pour le compte de plusieurs médias au nombre desquels le britannique The Guardian. Désireux de lever l’équivoque sur des rumeurs autour des actes de pédophilie et de pédérastie au sein de la tanière des Panthères du Gabon, l’enquête s’est appuyée sur des témoignages des proches mais également de certaines victimes elles-mêmes.

Dans son récit publié ce jeudi 16 décembre 2021 The Guardian assure que Patrick Assoumou Eyi surnommé « Capello », aurait « violé, formé et exploité » lors de son passage à la tête de l’équipe nationale de football des moins de 17 ans du Gabon. Et ce, jusqu’en 2017. C’est dire le nombre de victimes potentielles qui seraient passées à la trappe, dans le « jardin d’Eden », de ce fin connaisseur du football gabonais et dont la recommandation est très souvent prise au sérieux.

D’ailleurs, l’ancien des bébés Panthères s’y serait appuyé pour obliger ses proies à s’exécuter. « Il m’a forcé à avoir des relations sexuelles avec lui. C’était la condition pour rester dans l’équipe nationale. […]  »Capello » a violé tant de garçons qu’il allait parfois à la campagne pour en trouver de nouveaux. Il profitait de leur pauvreté. […] C’est la réalité du football gabonais depuis des décennies, mais personne ne peut arrêter le système. Les prédateurs sont trop nombreux… », aurait confié une victime présumée, au journaliste de notre confrère The Guardian.

Une pratique entretenue par un puissant réseau ?

Romain Molina révèle que plusieurs autres personnes du ballon rond au Gabon auraient profité du réseau de pédérastie qu’entretiendrait Capello. La puissance de ce fameux réseau serait tel qu’un ancien responsable de la Fédération gabonaise de football (Fegafoot) aurait été démis de ses fonctions après avoir tenté de pointer du doigt ces pratiques dont il avait eu échos. Un témoignage balayé par la régence de l’institution qui nie avoir sanctionné un quelconque responsable en 2019 pour des faits s’y rapportant.

Plus grave, des autorités judiciaires seraient de mèche avec les présumés auteurs de ces infractions sur mineurs, la plupart du temps. Après de vaines dénonciations, plusieurs footballeurs auraient décidé de se terrer dans un profond mutisme. Preuve qu’il y a une crise de confiance entre les justiciables et ceux devant leur apporter la quiétude face à leurs bourreaux qui règneraient en maîtres dans les hauts lieux de l’administration gabonaise, révèle Romain Molina. Sans nommément identifier ces cadres qui pourraient plonger avec Patrick Assoumou Eyi s’il venait à être reconnu coupable.

Une judiciairisation en cours contre Capello

Il semblerait que l’affaire ait été portée devant l’instance suprême du football mondial, la Fédération internationale de football association (FIFA) par le syndicat de la Fédération internationale des associations de footballeurs professionnels (Fifpro). Une plainte qui porterait sur des abus sexuels répétés sur des jeunes footballeurs. Une affaire qui interpelle au plus haut point ces anciens footballeurs qui ne ménagent aucun effort pour permettre à leurs successeurs, partout dans le monde, de réaliser décemment leur rêve de devenir footballeurs professionnels.

« Nos enquêtes préliminaires ont donné des preuves cohérentes de témoins crédibles qui parlent tous d’une pratique continue et bien ancrée consistant à forcer les jeunes joueurs à avoir des relations sexuelles comme condition préalable aux opportunités de football. Si ces allégations sont effectivement vraies, c’est une preuve supplémentaire que le football est constamment exploité, à travers les ligues et les continents, comme un forum permettant aux agresseurs d’accéder, de préparer, d’extorquer et d’agresser les joueurs. Il faut faire davantage pour empêcher ces horribles abus et nous appelons les instances dirigeantes du football à agir de toute urgence », a publié la FIFPro.

Des allégations banalisées par les Footballeurs à Libreville

Acculé par des nouvelles révélations faites par deux jeunes footballeurs qu’il aurait encadrés du temps de l’Académie club de Libreville (ACL), le très célèbre coach n’aurait pas voulu répondre aux questions de notre confrère anglais. Seulement, dans la foulée, il aurait lâché un mystérieux statut qui laisse penser à une réponse. « Ceux qui utilisent le mensonge comme une arme ne connaissent pas l’inverse du côté spirituel », était-il écrit.

Dans le même ordre d’idées, la Fegafoot a précisé dans un récent communiqué qu’elle n’a « jamais enregistré de plaintes relatives à un acte de cette nature ». Non sans manquer d’ajouter que « à notre connaissance, [Eyi] n’a pas d’équipe et n’est nommé pour diriger aucune équipe nationale. Les joueurs que vous avez rencontrés devraient également envisager de nous contacter afin d’enquêter avec diligence, car nous confirmons que de tels faits doivent être dénoncés devant les tribunaux et les instances judiciaires compétentes ».

Affichant son soutien indéfectible à celui qui serait un de ses proches, le responsable des médias de la Fegafoot, Pablo Moussodji Ngoma, s’est insurgé sur la légèreté des éléments à charge versés au dossier. « Les témoignages des comédiens victimes, avec leurs noms, peuvent dissuader les auteurs de ces actes abominables mais nous devons aussi permettre aux instances judiciaires et même aux tribunaux de les punir », aurait-il posté. « Le reste sera pris comme une opération de communication de plus pour ceux qui s’engagent à ternir l’image du Gabon à l’international » ,a-t-il conclu. Une drôle de sortie qui dénote d’une absence flagrante d’impartialité dans cette affaire assez sensible, même si elle n’est qu’au stade embryonnaire.

Laissez votre commentaire

Lyonnel Mbeng Essonehttps://www.gabonmediatime.com
Journaliste Reporter (Société - Justice - Faits divers )
Enami Shop