Zone de libre-échange continentale: le Nigeria se retire

Muhammadu Buhari, président du Nigeria © D.R

Le président nigérian a annoncé dimanche dernier dans un communiqué qu’il ne se rendrait pas à Kigali, au Rwanda, où il est prévu se tenir un Sommet extraordinaire de l’Union Africaine pour signer le traité sur la Zone de libre-échange continentale (ZLEC).

Muhammadu Buhari, qui devait se rendre à Kigali ce mardi 19 mars,  a créé la surprise en annulant son déplacement, où il était attendu comme ses homologues à l’instar  d’Ali Bongo Ondimba, pour signature du traité de libre-échange, et assister à l’inauguration du sommet. «M. le président ne voyagera plus vers Kigali pour cet évènement parce que certains actionnaires nigérians ont fait savoir qu’ils n’ont pas été consultés», peut-on lire sur le communiqué de presse de la présidence nigériane, qui ajoute «ils ont quelques réticences quant aux conditions de ce traité».

«La décision de M. le président veut permettre de donner plus de temps aux consultations», a précisé le texte. L’un des plus grands syndicats du pays, le Nigeria Labour Congress (NLC), a fait état de ses craintes quant à une ouverture du marché dans le pays et a demandé à être davantage impliqué dans les négociations. «Nous sommes choqués par le manque de consultation dans ce processus», a déclaré la semaine dernière Ayuba Wabba, secrétaire général du NLC. «Nous demandons à M. le président de ne pas signer le traité à Kigali, ni nulle part ailleurs», avait-il insisté.

Il faut rappeler que ce traité vise à intégrer les 54 pays africains dans une zone de libres-échanges commerciaux, et doit regrouper à terme les zones régionales commerciales (Communauté de développement de l’Afrique australe SADC, Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest -CEDEAO,…).

Le retrait, au dernier moment, du Nigeria est un coup dur pour l’Union Africaine (UA) qui veut mettre en place ce projet économique discuté depuis 2012. Avec une population de près de  190 million d’habitants, le Nigeria est un marché gigantesque. Premier producteur de brut sur le continent, le pays était encore première économie en Afrique avant la chute du prix du baril en 2016.

Pour sortir de la récession, le président Buhari a adopté une politique économique ultra-protectionniste, et a établi une liste très large de produits interdits à l’importation pour tenter d’encourager la production locale.

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