Zacharie Myboto: «ni le Président de la Cour, ni le directeur de Cabinet, n’ont le droit de se substituer au président»

Zacharie Myboto lors de sa déclaration du samedi 23 février 2019 © GMT

Face à l’incertitude qui règne non seulement autour de la capacité physique et intellectuelle du Chef de l’Etat Ali Bongo Ondimba à assurer son rôle à la tête du pays, mais aussi à l’imbroglio concernant le bon fonctionnement de l’Etat, de nombreuse voix ne cessent de s’élever. Au cours d’une déclaration à sa résidence sise à la Sablière ce samedi 23 février, l’ancien ministre de feu Omar Bongo Ondimba, Zacharie Myboto a fustigé la situation confuse qui règne au sommet de l’Etat et martelé que  « seul le président de la République, et lui seul, dirige le Gabon ».

GABON LIBREVILLE

Au cours de cette rencontre avec la presse nationale et internationale, le leader d’opposition a tenu à revenir sur les rumeurs courant dans l’opinion à propos de la gestion actuelle du Gabon. Il a pour ce faire rappelé que la Constitution révisée au mois de janvier 2018 prévoit en son article 8, que « Le président de la République est le chef de l’État. Il veille au respect de la Constitution ; il assure, par son arbitrage, le fonctionnement régulier des Pouvoirs publics ainsi que la continuité de l’État. Il est le garant de l’indépendance nationale, de l’intégrité du territoire, du respect des Accords et des Traités. Il détermine la politique de la nation. Le président de la République est le détenteur suprême du Pouvoir exécutif. »

Suivant donc ces dispositions qui a-t-il noté suppriment le principe de partage du Pouvoir exécutif, le Pouvoir absolu échoit désormais au seul président de la République, et à personne d’autre. C’est dans cette optique qu’il a tenu à dénoncer les manigances qui ont cours actuellement au sommet de l’Etat. En effet, des rumeurs de plus en plus persistantes laissent penser à un accaparement du pouvoir par des personnalités proches d’Ali Bongo.

« Contrairement à ce qui est évoqué ou écrit ici et là, ni le vice-président de la République, ni le premier ministre, ni le Président de la Cour Constitutionnelle, ni le directeur de Cabinet du président de la République, ni le directeur des Renseignements généraux à la présidence de la République, ni tel ou tel autre haut conseiller du président de la République, ni son épouse, ni sa famille, les uns et les autres soutenus par le Maroc et la France, n’ont le droit, et aucunement le droit, de se substituer au président de la République », a martelé Zacharie Myboto.

Il a poursuivi en soulignant que tout autre disposition relative à la gestion du pays contraire aux dispositions de la loi fondamentale relevait « de calculs et arrangements de tous ordres, et est anticonstitutionnel ». Dans le même ordre d’idées, il ne s’est pas montré tendre vis à vis de la France et du Maroc qui selon lui sont à la manoeuvre dans cette affaire d’Etat et qui frôle presque l’ingérence. « Pour nous, cette coopération doit essentiellement s’asseoir sur le Respect réciproque et strict des Peuples de ces pays, ainsi que de l’Intérêt supérieur de chaque pays car, les Hommes passent, les États eux, demeurent. Sortir de cette vérité incontournable, c’est faire fausse route »,a-t-il martelé.

C’est donc fort de tous ces éléments qui selon le président de l’Union nationale mettent à mal la cohésion sociale et menacent la stabilité du pays, qu’il a appelé les acteurs politiques juchés au sommet de l’Etat à faire prévaloir la sagesse et le patriotisme en déclarant la « vacance de la présidence de la République pour quelque cause que ce soit ».

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