Yahya Jammeh, grand vainqueur de la crise gambienne

Après avoir reconnu sa défaite et appelé son adversaire pour le féliciter, Yahya Jammeh a fini par se raviser pour contester la victoire de son adversaire et chercher à se maintenir au pouvoir. Finalement, avec l’intervention de la CEDEAO, de l’UA, de la France et de l’ONU, il a fini par laisser le pouvoir pour aller en exil en Guinée-Équatoriale. À peine parti, il est accusé d’avoir vidé les caisses de l’État. En gros, son départ en exil est plutôt une bonne chose pour lui.



Arrivé au pouvoir le 22 juillet 1994 après un coup d’État, Yahya Jammeh était président de la République de Gambie depuis le 18 octobre 1996. La présidentielle de novembre 2016 a donc sonné le glas de plus de 20 ans de règne de Yahya Jammeh. Adams Barrow, son principal adversaire, a remporté l’élection avec 45,54% des voix.

À la surprise générale, le président sortant avait reconnu sa défaite et félicité le président élu. Malheureusement, avec le poids des poursuites judiciaires qui lui pendaient au nez, il a fini par se raviser en refusant de céder le pouvoir, en proclamant l’état d’urgence et en obtenant la prolongation de trois mois de son mandat par l’Assemblée nationale. Adama Barrow, président élu, avait dû se réfugier au Sénégal où il avait même prêté serment, à l’ambassade de Gambie à Dakar.

Néanmoins, devant la pression internationale, il a quitté le pouvoir le 21 janvier dernier. En effet, les Nations Unies, l’Union Africaine et surtout la Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest, ont tout mis en œuvre pour que le verdict des urnes soit respecté en Gambie. Même François Hollande,le président français, l’avait solennellement appelé à quitter le pouvoir, le mardi 20 décembre dernier à l’Elysée, lors d’un point presse conjoint avec Macky Sall, président sénégalais.

C’est ainsi qu’après plus d’un mois de bras de fer, le président sortant a cédé la place au Président élu par les Gambiens pour aller en exil en Guinée-Équatoriale, avec le concours de Alpha Condé, président de la République de Guinée Conakry.

Au lendemain de son départ, il est accusé par Mai Fatty, conseiller d’Adama Barrow, d’avoir vidé les caisses de l’État.Le dernier cité a affirmé qu’en l’espace de deux semaines, 500 millions de dalasi (environ 10,7 millions d’euros) ont été retirés par Yahya Jammeh.

Son départ du pouvoir était déjà acté. En plus, il n’avait aucun soutien. Il semblerait alors que le dictateur gambien cherchait juste à gagner du temps. Ce temps lui aurait justement permis de négocier sa sortie et de se remplir les poches avant de partir.

En somme, il apparaît clairement que le choix de l’exil était le meilleur pour Yahya Jammeh. Cela lui a évité des poursuites judiciaires pour les nombreux chefs d’accusations dont il fait l’objet. Après près d’un quart de siècle au pouvoir, il s’en est offert des vacances “bien méritées”. Au fond, il s’en sort plutôt pas mal.

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