Vol manqué de Jean Ping : Marie Christine Lebama tacle la grève du Synamag

Des membres du Synamag © GMT

La doyenne des Juges d’instruction près le Tribunal de première instance de Libreville en saisissant le directeur de la police de l’air et des frontières (PAF), le 12 décembre dernier, pour lui signifier l’interdiction de sortie du territoire de l’opposant Jean Ping, a porté atteinte au combat syndical de ses collègues magistrats, mais surtout conforterait là, l’injure de «corrompus» adressée à ces derniers par le ministre de la justice.

Marie Christine Lebama, premier juge d’instruction près le Tribunal judiciaire de première instance de Libreville, n’est pas syndiquée. De ce fait, elle n’est pas tenue d’obéir au mot d’ordre de grève du Synamag. Bien que l’injure du ministre visait tous les magistrats grévistes ou non.

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Certains magistrats n’ont pas apprécié que la juge Marie Christine Lebama prenne la mesure extrême d’interdiction de sortie du territoire à l’encontre «d’un citoyen (Jean Ping, NDLR)», à un moment où les magistrats sont en grève et tentent de renouer la confiance qu’ils ont perdu auprès des justiciables. «Marie Christine Lebama n’est pas affiliée au Synamag. Mais nous sommes quand même au regret de voir qu’elle porte atteinte à notre mouvement. Ce que nous reprochons au juge c’est le fait d’avoir une attitude un peu complice. L’interdiction de sortie du territoire de Jean Ping ne reflète en rien la légalité. Un juge d’instruction ne peut pas convoquer quelqu’un pour des renseignements et prendre des précautions aussi extrêmes que l’interdiction de sortie du territoire», ont précisé des magistrats grévistes.

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Le premier juge d’instruction près le tribunal de première instance de Libreville, aurait-elle été instrumentalisée ? Se questionne l’opinion. Pour les magistrats, les juges d’instruction doivent être libres et indépendants pour ne pas prêter le flanc à la politique. «Nous avons comme l’impression que les politiques ont une nouvelle fois instrumentalisé la justice pour dire dire à tout ceux qui viendront les accuser d’empêcher monsieur Jean Ping de sortir du territoire, ils répondront nous on y est pour rien. C’est une affaire judiciaire», a commenté un magistrat.

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Si d’aucuns pensent que le ministre avait raison de traiter les magistrats de «corrompus», pour le président du Synamag, Germain Nguema Ella, la grogne se justifie et celle-ci devrait interpeller les magistrats qui doivent comprendre une chose : «la justice est éternelle mais les individus passent. La même justice à laquelle vous mettez des crocs pour qu’elle mord les autres est la même qui mordra un jour.»

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