Aéroport de Libreville © D.R.

Évoqué le week end écoulé par le ministre de l’Équipement et des Infrastructures Léon Armel Bonda Balonzi, l’appel d’offre sur le projet d’autoroute de contournement de l’Aéroport de Libreville (ADL) n’a pas manqué de susciter des interrogations au sein de l’opinion. Et pour cause, ledit projet aurait déjà fait l’objet d’un accord entre le gouvernement gabonais et l’entreprise China Road and Bridge Corporation (CRBC) et devait être financé grâce à un prêt consenti par la China Eximbank. Qu’est ce qui ferait courir alors le membre du gouvernement au point de risquer un nouveau conflit économique avec ladite société? Serait-on tenté de se demander. 

Ce projet qui devait permettre de désengorger la circulation dans les environs de l’aéroport de Libreville, avait été évoqué pour la première fois le vendredi 25 août 2017 au cours d’une séance de travail entre le Directeur régional adjoint pour l’Afrique du groupe bancaire chinois Eximbank, Yung Jing et  le ministre de l’Economie de la Prospective et de la Programmation du développement durable de l’époque Régis Immongault. Sauf que près de 3 ans après, il semble être devenu une véritable Arlésienne et fait l’objet d’un tohu bohu incompréhensible. 

En effet, alors qu’on pensait le projet en phase de démarrage, l’actuel ministre des Infrastructures, surprenant son monde, a annoncé le lancement d’un « appel d’offres de conception-réalisation pour faire une voie de contournement de l’aéroport ». Une position qui pourrait donner l’impression d’une résiliation de l’accord conclu avec China Road and Bridge Corporation alors que ledit projet était dans une phase bien avancée

Conclu par le ministre de l’Équipement, des Infrastructures et des Mines de l’époque Christian Magnagna, l’accord avec l’entreprise chinoise portait sur la construction de ladite voie. Il faut dire que la CRBC a une expertise avérée dans le domaine puisqu’elle a réalisé les travaux de construction du tronçon Port-Gentil-Omboué dont deux ouvrages d’art, notamment le pont d’Ozouri (4,707 km) et le pont  sur la lagune Nkomi (4, 577 km). Une expérience qui devait donc servire indéniablement pour la construction de cette infrastructure importante. 

Il faut dire que c’est par la suite sous la coupole d’Arnauld Engandji, ministre des Travaux publics en ce temps, que l’affaire « a réellement été bouclée pour un montant de 150 millions de dollars », a confié une source au site Gabonreview. Pour preuve en mars 2019, il avait assuré que le projet était en bonne voie puisque « l’accord de financement est prêt », et qu’il était question de finaliser la procédure d’expropriation des populations présentes sur le linéaire. Mieux, il aurait obtenu la prise en charge, par l’entreprise chinoise, du déguerpissement des habitants situés sur le linéaire de la voie soit une économie de 10 milliards à l’État gabonais. 

C’est donc dire que la démarche adoptée par Léon Armel Bounda Balonzi serait inopportune et pourrait donner lieu à un nouveau procès contre l’Etat gabonais pour rupture abusive de contrat. Chose que le pays ne peut se permettre en cette période de crise économique. Un conflit pouvant avoir a une incidence sur les caisses de l’Etat.  Une position qui ne manquerait pas de susciter d’ailleurs des interrogations sur ses véritables motivations, déjà que ce dernier avait essuyé de vives critiques lors de la mise en oeuvre de la mesure de gratuité des transports, que ses équipes avait estimée à la colossale somme de 6 milliards de FCFA. 

Ainsi, comme le note la source citée par le site d’actualité, ne serait-il pas préférable de réactiver simplement cet accord, lorsqu’on sait que « le prêt de financement du projet avait été accordé par la China Eximbank. la banque n’attendant  juste qu’une notification écrite pour sa réactivation ».  A l’heure où le chef du gouvernement Julien Nkoghe Bekale,  comme il l’a signifié lors de son intervention le 7 mai dernier devant l’Assemblée nationale, se montre disposé à l’ouverture d’une enquête parlementaire, il serait nécessaire de faire la lumière sur la gestion de ce dossier et cette volte-face en odeur d’entourloupe financière qui pourrait coûter des milliards au Gabon en cas de procès. 

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