Victoire sans fraude du PDG: trop beau pour être vrai !

Éric Dodo Bounguendza Sg du Parti démocratique gabonais © D.R

« A vaincre sans péril on triomphe sans gloire ». Cette citation du Cid de Corneille pourrait s’appliquer au triomphalisme narcissique des candidats du Parti démocratique gabonais (PDG) qui se sont vu créditer d’une majorité absolue dès le premier tour des élections législatives. Sauf que comme il est de tradition lors des élections au Gabon, la question de la fraude n’a pas manqué de venir brouiller ce tableau idyllique.



En effet, selon les résultats rendus publics par le président du Centre gabonais des élections (CGE) Moïse Bibalou Koumba, le PDG s’est déjà assuré une majorité écrasante à l’Assemblée nationale au cours de la prochaine législature. Ainsi, sur un total de 143 députés, il s’octroie plus de 80 sièges. Des résultats qui n’ont d’ailleurs pas manqué de susciter la joie du côté du siège de Louis, ouvrant la voie une fois de plus une assemblée monocolore et à la solde du gouvernement.

Mais toute bonne nouvelle n’arrivant jamais seule, l’opinion a reçu en plein visage les réalités qui auront entaché ce scrutin malgré les déclarations des observateurs de l’Union africaine qui estimait que « l’évaluation globale du scrutin est jugée satisfaisante. Les observateurs n’ont constaté ni d’irrégularités, ni restrictions, ni interférences qui pourraient avoir un impact négatif sur l’issue du scrutin ». Pourtant, dans plusieurs circonscriptions du pays des manoeuvres auraient été orchestrées par certains candidats pour obtenir une chance d’être élu dès le premier tour.

Le transport des électeurs et l’achat des cartes d’électeurs  aura aidé les candidat du « parti de masse » à s’assurer un vote massif dans les urnes lors de ces élections. Dans les départements de Tsamba Magotsi, de la Dola, dans les communes d’Akanda, d’Oyem, de Franceville, de Lambaréné ou même à Ndjolé le parti au pouvoir aurait déplacé par centaine des électeurs d’une ville à l’autre.

Mais la manoeuvre la plus utilisée aura été semblet-il la mise à l’écart des scrutateurs et des représentants de l’opposition dans les bureaux de vote « au motif qu’ils n’avaient pas participé au séminaire de formation ». Un plan bien huilé qui aurait ainsi permis soit de bourrer les urnes ou même de modifier les procès verbaux. C’est le cas dans le département de la Boumi Louetsi où les représentants des candidats SDG et de l’opposition auraient été purement et simplement ecartés. Même situation dénoncée par Jean Boniface Assélé dans le 3ème arrondissement de Libreville ou encore au 1er arrondissement de la capitale.

Des cas de complicité entre le PDG et le Centre Gabonais des élections qui se seraient généralisés dans plusieurs circonscriptions à l’intérieur du pays surtout. Des éléments qui viennent encore démontrer que le pays est bien loin d’organiser des élections où les résultats ne seront pas contestés.

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