Vers une scission au sein de Démocratie nouvelle?

René Ndemezo’o Obiang, président de Démocratie nouvelle © GMT

Créée en 2016 dans l’objectif de soutenir le combat pour le changement et l’alternance incarné par l’opposition dite radicale, Démocratie nouvelle s’était imposée en peu de temps comme une formation politique de premier plan sur l’échiquier national. Malheureusement, en proie aux vieux démons de la politique gabonaise, le parti dirigé par René Ndemezo’o Obiang connaît depuis quelques mois, après sa participation au dialogue initié par Ali Bongo, des soubresauts. La gestion interne serait de plus en plus décriée, certains cadres et militants accusant l’homme fort de Bitam de dérive dictatorial. Toute chose qui met à mal le fonctionnement de ce parti.

Personnification du parti, tribalisme, régionalisme, clientélisme et opacité dans la prise de décision et absence d’une vision stratégique à long terme, tels sont les maux qui semblent désormais miner DN. Dans sa parution de la semaine dernière, l’hebdomadaire Le Mbandja faisait déjà même état du «spectre d’une scission ou de démissions en cascade» au sein de cette formation politique.

Si ces informations venaient à être confirmées,  dans les jours ou semaines à venir, cela constituerait un deuxième coup dur pour le parti dirigé par le président du Conseil économique et social.

En effet, on se souvient, deux mois à peine après la présidentielle, que «quatre vice-présidents notamment, le Pr Joseph John Nambo, Philibert Andzembe, Radegonde Djenno et Jean-Pierre Ndoungou Lekambo, puis deux secrétaires nationaux, Franck Rebela et Véronique Essomeyo, la présidente de la Ligue nationale des Femmes du parti, Marie-Augustine Embinga, et tout le bureau du Secrétariat provincial du parti dans l’Ogooué-Maritime ainsi que de très nombreux autres cadres et militants avaient quitté Démocratie Nouvelle à la suite d’un vote au forceps du Bureau Politique qui l’avait formellement autorisé à prendre part au dialogue politique avec Ali Bongo».

Alors que le Bureau Politique avait signifié la nécessité de revenir rendre des  comptes sur la participation du parti au dialogue politique, René Ndemezo’o s’est muré dans un silence assourdissant, préférant jouir de son nouveau statut de président du CES, en profitant même de cette nouvelle posture pour faire nommer ses proches, notamment Patrick Eyogo Edzang à l’Energie et Jonathan Ntoutoume Ngome comme Délégué aux affaires sociales. Cette attitude mettait dès lors en mal «l’esprit démocratique et de consensus qui était de mise au sein du parti».

Pis, le dernier fait en date est la tournée dite «républicaine» qui, en réalité, ne se résumait qu’à deux départements, «le Ntem à Bitam  et à l’Okano à Mitzic» donnant l’impression d’une randonnée régionaliste, au mépris des autres cadres et militants du parti. Dans la même dynamique, il se susurre que René Ndemezo’o préparerait actuellement un congrès extraordinaire au cours duquel il adoubera les candidats du parti aux prochaines législatives et s’attellera à régler les comptes à ceux qui osent lui faire savoir que «la gestion d’un parti politique (…) obéit quand-même à des statuts et certains codes dont le respect, le rassemblement, le consensus».

D’ailleurs la mise à l’écart des cadres du parti originaires des autres provinces, notamment des vice-présidents, Gervais Amogho, Yeyette Alfred, Mathieu Obame, Simon Mengome Atome ou encore du secrétaire national à l’administration, Nicaise Nzam N’nha, laisse présager la purge préparée par René Ndemezo’o Obiang afin d’empêcher tout esprit critique face à sa gestion scabreuse et peu orthodoxe.

L’opinion se demande même si DN est un parti national ou celui des fangs du Woleu-Ntem exclusivement. Un questionnement qui pourrait trouver sa réponse cet après-midi, avec la sortie d’un dès vice-président de cette formation politique, Gervais Amogho. 

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