Vers une scission de la Coalition pour la nouvelle République?

Guy Nzouba Ndama, Jean Ping et Casimir Oye Mba, le 16 août 2016 à Nkembo © GMT

Depuis plusieurs mois, la question de la participation ou non de la Coalition aux prochaines législatives divise l’opposition. Entre les partis déclarées partants et ceux qui rejettent toute participation de l’opposition militant pour la nouvelle république incarnée par Jean Ping, tout porte à croire que la Coalition court vers une scission entretenue alors que le silence du «président élu» interpelle les observateurs.

Le 16 août 2016, le Gabon vivait un fait inédit de son histoire politique au rond-point de Nkembo: la fusion des candidatures de Guy Nzouba Ndama, Casimir Oyé-Mba et Léon-Paul Ngoulakia à celle de Jean Ping pour, disait-on, «répondre à l’aspiration du peuple  qui veut l’alternance au sommet de l’Etat». Ainsi, cette alliance des quatre candidats a donné lieu au terme de «Coalition» tant salué par l’opposition dite radicale et la diaspora gabonaise, avant l’annonce, deux ans après la dernière élection présidentielle, de la participation aux prochaines législatives de ceux qui avaient sacrifié leurs candidatures au détriment de la candidature unique portée par Jean Ping.

Ce jeudi 15 février 2018, certaines personnalités et des partis politiques proches de la Coalition ont pris part à un point de presse «sur le refus de la participation aux élections législatives organisées par le pouvoir PDG» de la Coalition. Rappelant que «l’élection présidentielle a donc une importance sans égal», les signataires du «non aux législatives» estiment que  «mettre au même niveau de préoccupation la lutte pour le rétablissement de la vérité des urnes du 27 août 2016 et la lutte pour la conquête des sièges à l’Assemblée Nationale est une manière de détourner l’attention du peuple gabonais et de son Président démocratiquement élu de leur objectif principal, à savoir le rétablissement de la vérité des urnes et la prise de pouvoir».

A cette déclaration, il y avait entre autres partis l’ADERE, le CDJ, Les Souverainistes, le PGP, le NAR, le PARI, l’UPGL, l’UPL et l’URDP qui ont signé cette charte de non-participation aux prochaines élections législatives alors que Les Démocrates (LD), l’Union Nationale (UN), l’Union pour la nouvelle République (UPNR),  Les 7 Merveilles du Peuple (7MP), L’Union et Solidaité (US) et le Rassemblement héritage et modernité (RHM) se sont déclarés favorables. «La vocation d’un parti politique est la conquête du pouvoir. L’expérience de 2011 est malheureusement accablante pour l’opposition gabonaise; d’où la nécessité de prendre part à cette élection afin d’accabler de mieux le pouvoir en place qui croit mettre en place les mécanismes de violation démocratique», a commenté un sympathisant du parti Les Démocrates.

Côté Union pour le progrès et la liberté, les partisans aux élections législatives sont taxés de ne plus croire en Jean Ping. «Quand on est partisans de alternance, on accepte même les yeux fermés les orientations du leader, surtout lorsqu’on n’a pas la preuve qu’il ne sait pas ce qu’il fait», précise ce militant qui affirme par ailleurs: «nous restons collés à l’esprit du 16 août 2016 à Nkembo» .

En considérant le dynamisme du 16 août 2016 à Nkembo, Jean Ping ne fera-t-il mieux de soutenir ceux qui sont déclarés favorables, même s’il faut reconnaître que la question de la fiabilité du système électoral au Gabon est le noeud du problème? En concevant le “non” aux législatives, quelle alternative propose-t-on aux gabonais? En soutenant l’opposition aux législatives, Jean Ping ne risque-t-il pas de laisser penser que son destin personnel l’emporte sur le combat des Gabonais pour l’alternance ? Wait and see !

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