USTM/Heures supplémentaires : des fonctionnaires s’octroient jusqu’à 10 millions de Fcfa

USTM © GMT

La crise que traverse l’Université des sciences et techniques de Masuku (USTM) semble plus profonde qu’elle en a l’air. Entre mouvements d’humeur des étudiants, et lancement d’une grève dès ce lundi des enseignants affiliés au Syndicat national des enseignants et chercheurs (Snec) rien ne laisse présager le bon déroulement des activités académiques au sein de l’établissement. Au delà de ces questions, certaines langues se délient pour dénoncer le désordre orchestré par les enseignants notamment sur le décompte des heures supplémentaires de cours.

En effet, les enseignants dénoncent la gestion hasardeuse, de la manne financière octroyée par le ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique, d’un montant de 246 millions de Fcfa. Ils révèlent d’ailleurs que le recteur, Isaac Mouaragadja aurait affecté cet argent au  paiement des prestataires de services plutôt qu’au règlement des arriérés d’heures supplémentaires du 2ème semestre de l’année académique 2015-2016 et du 1er et 2ème semestre de l’année académique 2016-2017 du personnel enseignant.

Toutefois, on apprend, qu’un système d’heure supplémentaire aurait été mis en place au sein de la seul université scientifique du pays. Une situation d’autant plus incomprehensible alors qu’ils sont pour la majorité des agents de la fonction publique. Parmi le corps enseignant nombreux sont ceux qui dénoncent ce scandale sans véritablement être entendus : «lenveloppe des heures supplémentaires augmente de manière inexplicable. Certains chefs de Département se trouvent avec parfois plus de 10 millions de Fcfa en heures supplémentaires  pour un seul semestre pendant que d’autres collègues dans le même département peinent à assurer leurs quotas horaires. Le pire est que le SNEC ne cherche pas à stopper cette pratique, en particulier à l’USTM»; dénoncent-ils.  

Il faut relever que plus de 70% du budget de fonctionnement de l’établissement serait affecté au paiement  des heures supplémentaires. Pendant ce temps l’université connait des difficultés d’ordre structurelle. «Nous avons de graves problèmes  pour fonctionner : manque  criard de consommables.  Pendant ce temps,  une minorité se remplit les poches avec l’argent du contribuable. Certains sont déjà en heures supplémentaires le 1er jour de la rentrée»; révèle un autre enseignant.

Par ailleurs, le corps enseignant connaîtrait une forme de ségrégation en son sein, tandis que certains se sucrent aisément d’autre n’ont pas de pré-salaire depuis 1 an déjà. Autre grief fait aux enseignants, ils s’illustreraient par une lassitude avérée concernant la dispense des cours. «Il y a des cours magistraux de 70 heures que certains professeurs font en une semaine, en survolant les diaporamas. Après ils remettent aux étudiants le cours sur clefs USB et les heures restantes ils les pointent comme s’ils avaient travaillé», dénonce un étudiant.

Face à cette situation qui gangrène indubitablement le fonctionnement de l’université, nous avons tenté de joindre le recteur, mais nos tentatives se sont avérées infructueuses. Il serait donc temps que les autorités de tutelle prennent à corps ce problème en envisageant un audit sur les heures supplémentaires avant que l’année académique ne soit une nouvelle fois perturbée pour des questions d’argent.

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