USS : la rumeur d’une descente policière fait déserter le Campus

Une vue partielle du Campus USS © GMT

A la suite d’une rumeur persistante qui s’est propagée comme une traînée de poudre sur tous les réseaux sociaux, ce mercredi qui annonçait une descente musclées des agents des forces de l’ordre, à 4 heures du matin, sur le campus de l’Université des sciences de la santé (Uss), sise à Owendo, au sud de Libreville, les étudiants de ladite université ont vidé les lieux.

Suite aux affrontements qui ont eu lieu le mardi 24 octobre dernier, entre les étudiants de l’Uss et les agents des forces de police d’Owendo, renforcés par  ceux de l’État-major des forces de police d’intervention (Fopi), une rumeur persistante d’une descente sur le campus a gagné la toile. «Informations de dernières minutes. Tous ceux qui ont des parents,  amis au cuss qui dorment au campus informez les que demain à 4 heures la gendarmerie sera là-bas pour foutre le bordel et faire sortir tout le monde du campus»; a-t-on reçu sur Whatsapp.

A la lecture de ce message, plusieurs étudiants ont quitté les lieux pour trouver refuge chez des parents, amis et connaissance par peur d’être arrêté par la gendarmerie et même torturé comme ce fut le cas du secrétaire général de leur mutuelle, étudiant en 4ème année Pharmacie, Kerry Lendjendja Bouka. «J’ai des parents qui vivent à Bananiers (un quartier du 2ème arrondissement d’Owendo, NDLR), c’est là-bas que j’ai passé la nuit. J’ai pris peur quand j’ai reçu le message qui circulait»; a confié une étudiante de l’Uss. «Ceux qui n’ont pas pu quitter le Campus ont simplement fermé leurs portes à double tours tout en remettant leur sort entre les mains de Dieu»; a-t-elle poursuivi.

Joint au téléphone par Gabon Media Time le président de l’Union mutuelles estudiantines du Gabon (UMEG), Dave Branlly Essanga Ayira a condamné l’usage de telles méthodes par les autorités. «Jusqu’ici nos méthodes de revendications sont  pacifiques donc la répression violente ne se justifie pas. Nos autorités gagneraient à prendre en compte nos revendications plutôt que d’employer la violence pour faire passer de force la mesure. Aussi, nous leur rappelons que c’est à l’Etat de payer nos frais d’écolage et d’inscriptions comme le prévoit le décret 404 en son article 32»; a-t-il rappelé.

Geoffroy Foumboula Libeka, président de l’ONG Educaf  a, à son tour fustigé la violation des franchises universitaires par les forces de l’ordre. «Si cette information est avérée, ce sera la preuve que l’intimidation, la violation de la loi, notamment celle sur la franchise universitaire est devenue le mode opératoire pour plusieurs responsables d’établissements alors qu’un dialogue franc peut permettre d’éviter tous débordements. Un dialogue franc tant souhaité par l’ONG Educaf, accepté par les étudiants mais qui est refusé à ce jour par le Gouvernement et les Chefs d’établissements»; a-t-il déploré.

Dans un soucis d’équilibre nous avons tenté de rentrer en contact avec le rectorat. Nos requêtes se sont avérées vaines. Quoi qu’il en soit, l’augmentation des frais d’inscription dans les universités et grandes écoles du Gabon arrêtée par le ministère de l’Enseignement supérieur n’a pas fini de défrayer la chronique et continue de retarder le début des cours. Il faudrait peut-être un arbitrage du président de la République pour un retour à la sérénité.

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