UOB: La vente des fascicules, un phénomène en expansion

© D.R

L’Université Omar Bongo de libreville connaît depuis plusieurs années déjà, le phénomène de vente des fascicules aux étudiants par les professeurs. Une situation qui embarrasse souvent un grand nombre d’apprenants au sein de cet établissement public. Un constat qui soulève un grand nombre de questions sur le rôle du recteur, qui tarde à réguler ce commerce parallèle dans lequel enseignants et étudiants se complaisent depuis plusieurs années.

« Si la connaissance coûte chère, choisissez l’ignorance », c’est généralement l’adage souvent servi aux étudiants pour tenter de justifier les errements concernant la vente des fascicules. Ainsi pour Jean Bernard Nzéngui enseignant à l’Université Omar Bongo « les gouvernants ne soutiennent pas l’oeuvre intellectuelle, ils passent leur temps à construire des ponts qu’ils appellent échangeurs, au lieu d’investir dans le monde de l’esprit et de la connaissance » déclare t-il. Ce qui selon lui expliquerait la tendance qui pousse les enseignants à vendre des cours censés être mis à la disposition des étudiants gratuitement, l’UOB étant un établissement public.
Par ailleurs, ce phénomène ne semble pas émouvoir les autorités rectorales, malgré le fait que la vente des cours aux étudiants soit interdite, selon le règlement de l’enseignement universitaire.

Il poursuit par la suite pour se dédouaner « l’accès aux livres à Libreville n’est pas chose aisée pour les étudiants, parfois nous vendons ces fascicules dans le but d’aider les apprenants, c’est à dire que l’étudiant paie en principe l’impression, ou la copie, même si certains collègues font dans l’excès ». Une situation d’ailleurs qui met en lumière non seulement le peu d’entrain du rectorat à régler les problèmes rencontrés par les étudiants, mais aussi le manque de bibliothèque qui contribue à développer ce type de comportements anti-pédagogiques.

Au delà, ce phénomène porte aussi en lui les germes de la discrimination, dans un pays qui se veut le chantre de l’égalité des chances, étant donné qu’une majorité d’étudiants ne dispose toujours pas de moyen pour acquérir lesdits fascicules. Les autorités gouvernementales et rectorales devraient donc se pencher sur cette question pour offrir plus de chance à chaque étudiant fréquentant cette institution universitaire.

© Crédits photos: uob.ga

Laissez votre avis