samedi,16 octobre 2021
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UOB: la situation en Afghanistan au cœur d’une conférence animée par le Dr. Arthur Benga Ndjeme

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L’Université Omar Bongo (UOB) a abrité le vendredi 10 septembre dernier la conférence doctorale placée sous le thème « la situation en Afghanistan : enjeux et perspectives ». Animée par le Dr. Arthur Benga Ndjeme, ladite rencontre a permis aux participants de cerner les origines, les manifestations et les conséquences de la prise de pouvoir par les talibans.

C’est devant une salle pleine d’étudiants chercheurs et épris de sciences juridiques que le Dr. Arthur Benga Ndjeme assisté de la crème universitaire du Temple du savoir, a tenu à faire le point sur la situation en Afghanistan. Pour orthodoxer sa démarche des plus démonstratives, l’enseignant chercheur spécialiste de la question a clarifié la situation dans ledit pays, rappelé les enjeux du fondamentalisme islamique ainsi que la crainte d’une collusion entre les talibans et les organisations terroristes.

La toute puissance des USA sur l’ONU

À ce propos, le Dr. Arthur Benga Ndjeme a indiqué que « ce sont toutes ces énigmes qui ont fait en sorte que le conseil de sécurité considère la situation comme attentatoire à la paix du monde ». Faisant le point sur la situation, l’universitaire a fustigé l’impéritie des Nations unies face aux États-Unis. A titre d’illustration, l’enseignant chercheur a rappelé l’interprétation abusive par les Américains de l’article 51 de la Charte des Nations unies relatif à la légitime défense individuelle ou collective.

Fort de leur suprématie, les Américains passeront 20 ans d’occupation en Afghanistan. Toute chose qui n’aurait fait que nourrir la haine des talibans. Une expression contemporaine qui renverrait non pas à « terroristes » mais plutôt « étudiants ». D’ailleurs, au cours de cette période qui pourrait être traduite d’ingérence, les États-Unis seraient parvenus à « américaniser la constitution », révèle le Dr. Arthur Benga Ndjeme. Faisant d’Amir Karzaï un valet des administrations Bush et Obama. C’est alors que naît l’État islamique d’Afghanistan.

Le dépérissement de l’État après le départ de la communauté internationale

Seulement, la soumission aux normes internationales incompatibles aurait allègrement violé le droit d’un peuple à disposer de lui-même. Dans le même temps, l’impérialisme américain va fondre avec le retrait spontané des troupes après que le pays soit désormais en proie à une plus forte menace des organisations terroristes et du mouvement taliban.

Pour le conférencier, le gouvernement afghan serait donc impuissant face à la menace talibane qui aspire à se réapproprier leur terre. Pourtant, le Dr. Arthur Benga Ndjeme n’a pas manqué de préciser que cette initiative patriotique pourrait être lourde de conséquences pour la postérité. En effet, il révèle que sous l’égide des talibans « les droits fondamentaux vont être rétrogradés avec la séparation des étudiants des étudiantes ». Et ce, avec « une gouvernance ponctuée d’irrédentisme religieux », a-t-il conclu.

Retour au Big game?

Pour le spécialiste de la question afghane, la situation trouble dans ce pays ouvrira notamment la porte « Big game ». Ainsi, l’Afghanistan va être l’objet de ce tremplin. A cet effet, la région concernée pourrait vers une « talibanisation ponctuée par la conversion des pays mitoyens notamment en Chine avec les Ouïghours », avertit-il. 

Conséquence non moins fâcheuse pour la sécurité de cette région les flux migratoires qui vont considérablement être affectés. Et ce, d’autant plus que ni l’absence est un élément rédhibitoire à l’investissement et à l’aventure touristique. D’un point de vue expansionniste, on devrait assister au saucissonnage de l’Afghanistan avec le chantage des grandes puissances, notamment les États-Unis.

Au terme de son exposé, le Dr. Arthur Benga Ndjeme a lancé un mot à l’endroit de la communauté internationale. « La situation en Afghanistan est constitutive d’une menace à la paix et la sécurité internationale. et nous craignons une résurgence du terrorisme international avec les organisations occultes ».

Adopter une stratégie de solutions à long terme

Présent en qualité de maître de l’impétrant, le Professeur de droit public et spécialiste de la sociologie politique, Guy Rossatanga-Rignault a tenu à apporter son grain de sel à ce carrefour de l’intelligentsia. Fidèle à ses analyses limpides et peu conformistes, ce dernier a déclaré que « la CIA n’est pas étrangère à la situation qui prévaut. À la base, ils ont monté un mouvement Afghan visant à faire partir les Russes du territoire. Et depuis, plus rien n’est comme avant ».

Pessimiste quant à un retour à la normale dans les plus brefs délais, le Pr. Guy Rossatanga-Rignault a appelé les décideurs du monde à se positionner en faveur d’une stratégie sobre et adaptée. « Dans la situation, il convient de prioriser la diplomatie plutôt que de faire la morale à l’Afghanistan. Mais il n’y a de Diplomatie qu’avec les adversaires or l’Europe est amie du Qatar qui est alliée à l’Afghanistan », a-t-il conclu. Une précision qui vaut son pesant d’or dans ce brouhaha intellectuel et politique où les causes originelles semblent volontairement omises.

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Lyonnel Mbeng Essonehttps://www.gabonmediatime.com
Journaliste Reporter (Société - Justice - Faits divers )
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