mercredi,4 août 2021
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Union homosexuelle à Makokou: le couple mis aux arrêts s’explique

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Quelques jours après avoir fait le buzz sur la toile suite à leurs fiançailles célébrées avec faste, Cathy et Patricia, ont été interpellées dans la journée du lundi 9 novembre dernier aux alentours de 16 heures au quartier Essick à Makokou, rapporte notre confrère Gabonactualité. Patricia en aurait profité pour révéler qu’il ne s’agit pas d’homosexualité mais bien d’un acte de reconnaissance envers son amie qui lui a permis d’avoir enfin une famille.

Le Gabon a-t-il vraiment dépénalisé l’homosexualité ? C’est la question qui taraude les esprits après la vague d’indignation qui a suivi le cérémonie des fiançailles d’un presumé couple homosexuel à Makokou dans la province de l’Ogooué-Ivindo. En effet, injures, requêtes de prière ont été émises à l’égard de Patricia et Cathy, deux compatriotes vivant ensemble avec ceux qu’ils appellent « leurs enfants ».  Selon notre confrère Gabonactualité, le couple peu commode aux mœurs locales, « aurait été interpellé le lundi 9 novembre à 16h30 par des éléments de la police judiciaire pour être entendu sur sa démarche », précise-t-il.

En effet, ce serait sur ordre du parquet de la République près le tribunal de première instance de Makokou qu’elles ont été interpellées puis placées en garde à vue. Toutefois, dans les heures qui ont précédé leur arrestation, le couple aurait fait la lumière sur le bien-fondé de leur démarche. « J’ai un certain âge et je suis consciente que je ne pourrais plus enfanter. Il est très difficile voire impossible au Gabon d’adopter un enfant. Moi, j’ai eu la chance qu’une copine accepte que je reconnaisse son futur bébé et j’ai sauté sur l’occasion », a déclaré Patricia sur les ondes d’Ivindo FM.

Par ailleurs, celle que la toile a présenté comme « l’homme du couple lesbienne » s’est excusée d’avoir heurté la sensibilité des populations, même si elle ne regrette pas son geste. « Je suis désolée de constater que les choses ont pris cette tournurelà. Ce que je suis allée donner aux parents de Cathy était simplement pour leur assurer de mon engagement, leur dire que je m’occupe de leur fille, de ses enfants dont un des deux a perdu son père il y a quelque temps. En retour, je me sens heureuse d’avoir une famille comme tout le monde. Je ne vois pas où est le mal! J’ai peut-être eu tort d’ajouter le symbole de la bague », a-t-elle ajouté.  

En somme , elles ne seraient pas lesbiennes, même si le baiser à la bouche traduit l’inverse. Et si, tel était le cas, d’un point de vue juridique, rien ne les empêche de vivre leur relation. Et ce, d’autant plus que le nouveau Code pénal en vigueur au Gabon ne leur interdit pas la pratique. Doit-on rappeler que l’homosexualité est dépénalisée? Un état de fait qui permet donc à la communauté de lesbiennes, gays, bisexuelles, trans, queers, intersexes et asexuelles (LGBTQ+) de se galocher au même titre que les hétérosexuels. À ce propos, le parquet aurait enclenché une démarche arbitraire à l’encontre de Patricia et Cathy, aujourd’hui privées de liberté alors qu’une d’entre elles , est enceinte de 8 mois et attend un bébé. 

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Lyonnel Mbeng Essonehttps://www.gabonmediatime.com
Journaliste Reporter (Société - Justice - Faits divers )