Une magistrate hors hiérarchie spolie la veuve de son frère et ses orphelins

En médaillon, Rachelle Ndoe Nguema, magistrate de l’ordre administratif © GMT

En 2009, Julien Mombe Nguema, ancien fonctionnaire à la marine marchande quittait cette terre en laissant derrière lui une femme qu’il avait marié à la coutume et quatre enfants tous mineurs. Depuis cette date, la veuve Bilogo Oke Angèle et ses quatre enfants ont été condamnés à vivre l’enfer par Rachelle Ndoe Nguema, magistrate de l’ordre administratif en fonction au Conseil d’Etat et petite sœur du défunt; rapporte l’hebdomadaire Moutouki dans sa livraison du 19 octobre dernier.

D’après les informations relayées par notre confrères Moutouki, qui font état de ce que Rachelle Ndoe Nguema aurait chassé la veuve de son frère et ses enfants de la maison, après l’avoir vidée au départ, puis se serait appropriée la demeure et le terrain situé à Avorbam dans la commune d’Akanda. Ainsi, coupés du soutien paternel, les enfants qui vivaient dans l’aisance sont désormais condamnés à l’échec à la grande satisfaction de leur bourreau dont les conditions de vie attirent les regards de la famille. C’est accrochée au désespoir et abandonnée à leur sort que la veuve Bilogo Oke Angèle et ses enfants vivent dans une situation alarmante et indescriptible.

«Depuis la mort de mon mari, je vis ce que vos plumes ne peuvent décrire en une rencontre. J’avais été chassée de la maison, mes enfants et moi par mes beaux-parents mais précisément ma belle-sœur Rachelle Ndoe Nguema, pourtant fonctionnaire au conseil d’Etat. Elle m’accuse jusqu’à présent d’avoir tué mon défunt mari. Un homme avec qui j’ai vécu toute ma vie et avec lequel j’ai fait autant d’enfants. J’ai tout essayé : des poursuites judiciaires qui n’ont toujours pas abouties malgré la présence d’un avocat et d’un huissier de justice qui suivent ce dossier. Aujourd’hui, mes enfants n’apprennent plus. Je suis sans domicile. Nous errons sans espérance. Si j’ai jusqu’ici tenu en vie, c’est grâce au soutien que j’avais trouvé dans l’association des femmes veuves sise à Nzeng-Ayong. L’avenir de mes enfants est hypothéqué, eux qui avaient un père qui travaillait tous les jours pour qu’ils réussissent»; a-t-elle confié à Moutouki.

De certaines sources proches de la famille, rentrées par le journal, Rachelle Ndoe Nguema aurait considérablement investi sur le terrain laissé par son défunt frère décidant même de faire de Delphine Okome Mezui  (leur mère septuagénaire), l’héritière légitime de son fils au détriment de ses enfants. Le seul péché de madame Bilogo Oke Angèle serait de n’avoir pas été mariée légalement au défunt. «Doit-on croire qu’à ce niveau de responsabilités le magistrat hors hiérarchie ignore que les héritiers légitimes sont naturellement les enfants biologiques et adoptifs de son frère ou feint-elle d’ignorer la loi et le droit en s’exposant à des poursuites, ou encore, cette impunité traduit le véritable visage du sommet de la hiérarchie judiciaire impassible devant toute violation de la loi ?»; se questionne Moutouki.

Voici un cas qui devrait interpeller, le ministère des Affaires sociales, qui dispose d’une Direction en charge de la veuve et de l’orphelin, ainsi que la Fondation Sylvia Bongo pour la famille. Comment comprendre qu’au 21ème siècle ceux qui sont censés protéger les plus vulnérables à l’instar des magistrats, sont ceux-là même qui s’adonnent en toute impunité à la commission d’actes répréhensibles. Que pense le Conseil d’Etat ou encore le ministère de la Justice ?

A ce jour les enfants ont 24 ans, 20 ans, 17ans et la dernière 15. L’un d’eux confie à Moutouki que la magistrate, 7 ans après les avoir chassé de la maison «y avait mis un locataire étranger qui l’a mise dans un état inhabitable ; nous confie une des orphelines. Nous apprenons qu’elle veut maintenant nous donner les clés de la maison, mas vidée de tout, après plus de cinq ans que nous errons dans les quartiers de Libreville en quête de stabilité. Nous vivons dans le rejet de notre famille paternel, ignorant le mal que nous leur avons fait pour mériter ce sort ».

La rédaction de Moutouki a tenté en vain de joindre Rachelle Ndoe Nguema pour obtenir sa version des faits et comprendre les réelles motivations qui la poussent à condamner sa belle-sœur et ses quatre neveux dans la précarité, alors que son défunt frère possédait plusieurs biens aurait dû leur revenir.

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