Une famille accuse un député de tentative d’expropriation avec la complicité de l’ANUTTC

Des héritiers de feu Ferdinand Bekale-Be-Nguema © GMT

Déjà éclaboussée dans de nombreuses affaires, l’Agence nationale de l’urbanisme, des travaux topographiques et du cadastre (ANUTTC) ne cesse de faire l’objet de plaintes et s’engouffrerait au fil du temps dans des réseaux mafieux d’expropriation des terres. La dernière affaire en date est la tentative d’accaparement d’un terrain appartenant à la succession de feu Ferdinand Bekale-Be-Nguema par l’avocat au Barreau du Gabon et député Obame Ondo Jean Marie, tout ceci avec la complicité des hauts fonctionnaires de cette agence, dénonce la famille.

Dans une correspondance adressée au Chef de l’Etat Ali Bongo et lue devant les locaux de l’ANUTTC, les descendants de feu Ferdinand Bekale-Be-Nguema demandent son intervention pour régler ce litige qui dure depuis 4 ans. Ils font remarquer en premier lieu que le terrain litigieux est bel et bien leur propriété puisque «le village Ntseng Mitang, actuel Sibang, a été fondé vers 1885 par leur arrière-grand-père feu Aboghe Nze Ngome Gustave et ses  enfants notamment Nkong Aboghe; Bike-Bi-Aboghe; Ngome Aboghe Bikene-Bi-Aboghe Léontine», la dernière citée étant la mère de leur père Bekale-Be-Nguema Ferdinand, propriétaire légitime de cette parcelle ancestrale.

Ils relatent par la suite que c’est un mois après le décès de leur père que le député aurait pris l’initiative de s’arroger de manière frauduleuse ce terrain, ceci avec la complicité de son oncle qui n’est autre que l’ancien directeur général de l’Agence nationale de l’urbanisme, des travaux topographiques et du cadastre (ANUTTC), François Auguste Akomezogho.

«Les deux compères auraient  introduit “un dossier de régularisation foncière et prétendent, pour des travaux de viabilisation sur un terrain déjà habité depuis longtemps par nous et sur lequel nous disposons de certains biens dont une maison en location, un soubassement et un cimetière familial où reposent tous nos ancêtres, avoir sollicité les services de la société Entraco BTP, à hauteur de trente neuf millions de nos Francs», expliquent-ils.

Chose curieuse, l’ANUTTC n’a jamais présenté les preuves comptables de cet investissement de remblais. Pis, des agents de bonne foi en poste au sein de cette entité auraient  révélé que le dénommé Jean-Marie Obame Ondo se serait ligué avec le chef de division juridique, Serge Moundounga et le conseiller du directeur général Emmanuel Ngomo afin de faire aboutir ce projet puisque ayant eu des propositions des sociétés pétrolières Total Gabon et PetroGabon sur ce terrain pour un montant de trois cent cinquante millions de Fcfa.

«Cependant, il tient tout de même de signaler qu’un certain nombre de courriers nous a été transmis par l’ANUTTC signés en P.O par messieurs Emmanuel Ngomo et Serge Moundounga, nous obligeant, à défaut de rembourser la somme prétendument investi à sieur Obame Ondo Jean-Marie, dans un délai de dix (10) jours, de lui céder un espace proportionnel à mille cinq cent mètre carrés sur les deux mille mètre carrés qui reviennent à la succession de Bekale-Be-Nguema Ferdinand», fustigent-ils.

Après un sit-in devant les locaux de l’ANUTTC le 13 février 2018, pour dénoncer ces agissements, les héritiers de feu Ferdinand Bekale-Be-Nguema représentés par Ayito Bekale Nadia, espèrent donc voir l’intervention du chef de l’Etat, Ali Bongo dont l’épouse Sylvia Bongo a fait de la lutte contre la spoliation des veuves et des orphelins l’un de ses chevaux de bataille.