Un jeune garçon mordu par un chien meurt de rage faute de vaccin

Elie Ovono Methogo meurt de rage faute de vaccin © D.R

Le quotidien L’Union du samedi 14 avril dernier, a rapporté l’émouvante histoire de  Diane Okome, une jeune gabonaise dont le fils de 8 ans a trouvé la mort des suites d’une morsure de chien enragé faute de vaccin. Une histoire rocambolesque, tant l’absence du sérum antirabique et l’incurie du personnel soignant ont scellé à jamais le destin de ce jeune garçon plein de vie.

L’histoire qu’a confié Diane Okome, 27 ans étudiante en sociologie, à nos confrères de L’Union donne froid au dos. Son fils, Elie Ovono Methogo, 8 ans, a été mordus par un chien errant le 24 février dernier au quartier Awoungou dans la commune d’Owendo. Après des premiers soins à l’eau javellisée administrée au domicile familial, la jeune mère a rallié rapidement le Centre hospitalier universitaire d’Owendo (CHUO). Malheureusement au sortir de l’hôpital, sous les conseils avisés du médecin, la jeune dame s’est lancée dans une longue quête infructueuse, dans les pharmacies d’Owendo puis de Libreville, du vaccin Verobab.

Fort de ce constat, le praticien a laissé repartir le jeune Ovono Methogo avec quelques antibiotiques. Ce n’est que 48 heures après la morsure que les investigations de la maman démontreront que le fameux vaccin est introuvable sur le marché gabonais et que seul une commande pourrait sauver son fils, dont la santé s’est dégradé plus tard avec l’apparition des symptômes qui n’ont laissé aucun doute, sur la présence de la rage contractée par l’enfant.

Une situation qui a emmené Diane Okome à conduire avec son fils au Centre hospitalier universitaire de Libreville (CHUL), ou elle a essuyé mépris et railleries du personnel soignant avant de faire interner son enfant. «Les analyses ont seulement trouvé une infection que l’interne ne parvenait pas à déterminer clairement. Mon fils a donc été hospitalisé en attendant qu’un médecin spécialisé se penche sur son cas», a confiée Diane Okome.

Le dimanche 1er avril, Diane Okome a été victime de la colère du médecin spécialisé qui l’a accusé de négligence tout en ponctuant son propos par une révélation qui sonne comme un canular. Ce dernier lui aurait dit cette fois-ci, l’existence du vaccin. Elle qui pourtant a remué ciel et terre pour le trouver.

Las de tout ce remue-ménage, le 2 avril, son fils dans ses bras, Diane Okome a embarqué, avec sa mère venue pour la circonstance, à bord d’un bus de transport pour le Cameroun, ou l’existence du vaccin est avérée. Malheureusement pour la famille, l’enfant a trouvé la mort, dans d’atroces souffrances, à Essassa, à seulement 27 kilomètres de Libreville. «Nous sommes descendus à Ntoum et avons pris un autre véhicule pour revenir à Libreville. L’enfant est décédé à la maison vers 19 heures», a confiée la génitrice inconsolable.

Entre les cas des femmes qui accouchent à même le sol et ceux qui se voient recaler faute de moyens dans nos structures publiques, voilà une énième situation, un cas d’avanie qui devrait interpeller les citoyens, en premier lieu, dont le caractère stoïques et défaitistes l’emmène à s’accommoder, à accepter, sans complaisance, l’inacceptable; le politique, en second lieu, pour qui, les structures sanitaires, deviennent les lieux de communications par excellence au grand dam de la santé des gabonais; et enfin, les professionnels du domaine, qui s’illustrent par un manque flagrant d’humanisme et de professionnalisme, dont la cupidité a pris le dessus sur les valeurs véhiculées par Hippocrate, transformant ainsi nos hôpitaux en mouroir à ciel ouvert.

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