UN: «La HAC dévoile ses funestes desseins d’une censure du discours politique»

Froiçois Ondo Edou, vice-président de l'Union nationale, porte-parole © D.R

C’est désormais le duel de sourd entre la Haute autorité de la communication (HAC) et l’Union nationale (UN). Alors que cette formation politique est toujours en attente de la notification de la décision portant interdiction de passage sur les médias publics prise par l’institution le 23 novembre dernier, elle a une fois de plus tenu à réagir au communiqué rendu public ce 13 décembre aux termes duquel elle demandait à l’UN de prendre toute la mesure du contenu de ses communications concernant l’état de santé du président de la République et l’ingérence de certaine puissance étrangère.  Nous publions in extenso l’intégralité du communiqué de l’UN qui sonne comme une réponse de berger à la bergère.



« L’Union Nationale a pris connaissance pour s’en étonner d’un communiqué de la Haute Autorité de la Communication (HAC) diffusé sur les antennes de Gabon Télévision en référence au dernier communiqué de presse de notre parti sur le voyage effectué à Rabat au Maroc du Vice-président de la République, du Premier Ministre et du président de la Cour Constitutionnelle le 4 décembre dernier.

Il y a quelques jours déjà la HAC avait rendu une décision interdisant l’Union Nationale de médias publics pour une durée de 3 mois. Dans les attendus de sa décision, la HAC évoque le contenu du Communiqué de l’Union Nationale et s’autorise à porter un jugement.

Cette fois la HAC va plus loin dans son communiqué car elle dévoile enfin ses funestes desseins d’une censure du discours politique par des allégations graves, tendancieuses et mensongères que nous rejetons en bloc.

L’Union Nationale rappelle que le cadre des compétences de la HAC est déterminé par la loi, notamment le Code de la Communication en son article 5 et  l’Ordonnance portant création de la HAC en son article 2. En effet, l’article 5 de la loi n° 019/2016, du 09 août 2016 portant Code de la Communication en République Gabonaise dispose que : « L’autorité de régulation est chargée de faire respecter les dispositions relatives aux modalités de création, d’installation et d’exploitation des entreprises publiques et privées de communication ». L’ordonnance n°010/PR/2018 du 23 février 2018 portant création, organisation et fonctionnement de la Haute Autorité de la Communication stipule en son article 2, que « La Haute Autorité de la Communication est une autorité administrative indépendante chargée de la régulation du secteur de la Communication. ».

Elle précise par ailleurs en son article 4 un certain nombre de missions que la HAC semble avoir du mal à assurer depuis sa création. C’est le cas du « respect de l’expression de la démocratie et la liberté de la presse sur toute l’étendue du territoire ; de l’accès des citoyens à une communication libre ;  du traitement équitable par les médias publics de tous les partis et associations politiques reconnus ainsi que de la société civile. »

En conséquence, l’Union Nationale n’étant pas une entreprise publique ou privée de communication mais un Parti politique, ses activités ne font donc pas partie du champ de compétence de la HAC qui ne doit pas feindre de l’ignorer.

Forte de cela, l’Union Nationale invite la HAC à se garder à l’avenir de toute tentative d’immixtion dans une  sphère qui n’est nullement de sa compétence, et aussi d’éviter de se poser en censeur ou directeur de conscience de ses prises de position politiques librement adoptées et protégées par la Constitution de notre pays.

Les Gabonais ont obtenu de haute lutte le retour de la démocratie multipartite et la liberté d’expression au cours de la conférence nationale de 1990. Des citoyens sont morts pour faire valoir et protéger leurs droits politiques fondamentaux. L’Union Nationale ne tolèrera jamais les vaines tentatives de retour à un ordre révolu. Dans ce sens, L’Union Nationale ne répondra jamais aux convocations de la HAC, qui sont autant de provocation et de violation de son statut de parti politique, et ne ménagera aucune peine pour protéger ses droits constitutionnels autant qu’elle respectera toujours ses obligations citoyennes et républicaines.

L’Union Nationale voit bien les manœuvres politiciennes derrière les gesticulations de la HAC. C’est pourquoi elle interpelle le Gouvernement en tête duquel le Premier ministre, le Président du Sénat représentant le parlement, l’Autorité judiciaire, l’Organisation de Nations Unies (ONU), l’Union Africaine (UA), dont le Gabon est signataire des différentes chartes sur les Droits de l’Homme et la démocratie, pour que cessent les intolérables dérives liberticides de la Haute Autorité de la Communication.

L’Union Nationale se réserve le droit d’user de tous les moyens politiques et judiciaires nécessaires pour défendre la Constitution, la liberté d’expression et les droits politiques des citoyens.

Le Vice-président  – Porte-parole de l’Union Nationale

François Ondo Edou »

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