Un an après le lancement du plan de relance de l’économie (PRE), des résultats mitigés

Mays Mouissi & John Nzenze © D.R

Mays Mouissi économiste et John Nzenze, diplômé de l’Université Paris Dauphine ont produit un analyse dans laquelle ils font le bilan à mi-parcours du Plan de relance économique (PRE), projet phase du gouvernement Issoze Ngondet. Nous publions in-extenso l’intégralité de leur analyse.

Par Mays Mouissi & John Nzenze

Résumé exécutif

Le Plan de relance de l’économie (PRE) regroupe un ensemble de programmes décidés par le gouvernement gabonais lesquels doivent être mis en œuvre entre 2017 et 2019 pour relancer la croissance et diversifier l’économie nationale trop dépendante du secteur primaire. Un an après le lancement du PRE, les premiers résultats obtenus ne convergent pas vers l’atteinte des 11 objectifs principaux fixés par le plan.

La dette publique censée être contenue en dessous de 40% du PIB n’a cessé de croitre et représente 62% du PIB. L’objectif d’un déficit budgétaire inférieur à 3% du PIB ne sera probablement pas atteint sans une remontée des cours mondiaux du pétrole. Par ailleurs, l’objectif d’une croissance de 5% en 2019 demeure hypothétique. En effet, le taux de croissance qui était de 2,3% en 2016 a baissé à 0,8% en 2017 malgré le lancement du PRE.

Au plan commercial, le solde de la balance des paiements devrait être déficitaire de 200 à 400 milliards FCFA en 2017 quand le PRE s’est fixé comme objectif de parvenir à un solde positif d’ici à 2019.

Au plan social l’objectif de création de 30 000 emplois sur 3 ans dans le secteur privé est inatteignable en l’absence de croissance et sans réforme en profondeur de la structure de l’économie nationale. En effet, comment parvenir à créer 10 000 emplois par an avec un taux de croissance inférieur à 1% alors qu’entre 2014 et 2015 seuls 653 emplois nets ont été créés avec une croissance proche de 5% ?

L’objectif de réduire de 100 000 le nombre de Gabonais économiquement faibles (GEF) évalués à 800 000 d’ici à 2019 parait tout aussi inatteignable puisqu’aucune action d’envergure n’a été mise en œuvre au plan national pour parvenir à réaliser cette ambition dans les délais fixés par le PRE.

Seuls points positifs, la conjoncture favorable dans le secteur minier avec l’augmentation des prix du manganèse dont l’unité de tonne métrique s’est échangée à 5,69 USD au 1er semestre 2017 contre 2,91 USD au 1er semestre 2016.

En conclusion, sans réajustement dans la mise en œuvre du PRE et en l’absence de recadrage, il est peu probable que le plan remplisse la majorité des objectifs qu’il s’est fixé pendant la période triennale 2017-2019.

Téléchargez l’intégralité de l’analyse : ici