Trois questions à… Geoffroy Foumboula, président du l’ONG Educaf

 

La grave crise qui secoue actuellement le secteur de l’éducation interpelle de plus en plus d’acteurs  intervenant dans ce domaine. C’est le cas de l’Organisation non gouvernemental EDUCAF qui était l’initiatrice de la rencontre entre les différents acteurs de l’éducation nationale la semaine écoulée. La rédaction de Gabon Media Time a rencontré son président, Geoffroy Foumboula afin d’échanger sur la situation qui prévaut dans le secteur et qui met en péril l’année académique.

Le gel des cours va-t-il amener le Gouvernement à fléchir sa position? 

Le gel des cours n’a pas pour objectif de faire fléchir le gouvernement, mais au contraire; il a pour objectif de protéger les élèves qui, à cause du manque de cours, sortent dans la rue et se voient en toute injustice et impunité, gazés et violentés par les forces de sécurité. Il a aussi pour objectif de mettre chaque parent face à ses responsabilités. Ainsi, jusqu’au 20 mars 2017, tout parent qui enverra son enfant à l’école sachant que les écoles sont fermées pour raisons de grèves des enseignants, sera pure et simplement comptable de ce qui arrivera à son enfant en cas de violences policières consécutives à une marche et autre.

Cette année académique qui souffre de 5 mois de grève ne risque t-elle pas d’être décrétée année blanche ?

A dire vrai, même s’il reste un mois de cours, le Gouvernement ne prendra jamais la courageuse décision de décrétée l’année blanche. C’est pourquoi, les acteurs de l’éducation (Enseignants, Parents d’élèves, élèves, étudiants et les Organisations de la société civile comme l’ONG EDUCAF), pour préserver l’honneur du Gabon, se verront contraint de rendre effective l’année blanche passé le 20 mars 2017 si aucune issue positive n’est trouvée.

Le ministre de l’éducation dit se battre pour améliorer l’École au Gabon. Qu’en pensez-vous ?

Si transformer les écoles primaires en lycées et collèges, supprimer l’unique lycée public d’Excellence scientifique de l’Estuaire voir du Gabon, priver les écoles de tables-bancs, suspendre de solde et radier des enseignants en toutes violation des dispositions légales et réglementaires en la matière, etc… Si ce que je viens d’énumérer constituent des actions d’amélioration d’un système académique, je crains que nous n’ayons pas la même compréhension et définition du mot amélioration. Nous attendons qu’il nous le démontre en mettant fin à cette grève, chose qui commence par l’ouverture rapide d’une négociation.

Rappelons que Geoffroy Foumboula  Libeka a été sacré Prix 2015 de la Meilleure ONG Jeunesse du Gabon. Il préside l’ONG EDUCAF au sein de laquelle il oeuvre avec son équipe pour les questions d’ordre académique, entrepreneurial et sociétal.

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