Trois questions à…Chantal Myboto Gondjout

En marge de la cérémonie de clôture des travaux du  Dialogue national pour l’alternance, Chantal Myboto Gondjout a accordé un entretien exclusif à notre rédaction, elle est revenue notamment sur l’interview du  président de l’union pour la démocratie et l’intégration sociale (UDIS), Hervé Patrick Opiangah et sur la déclaration de l’ancienne vice-présidente de l’Union nationale, Estelle Ondo.

Dans un entretien paru dans le  quotidien l’union  publié ce jeudi 22 décembre, Hervé Patrick Opiangah, président de l’union pour la démocratie et l’intégration sociale (UDIS) réagissant au « Désormais, tout peut être envisagé » prononcé par Jean Ping lors du discours d’ouverture du Dialogue national pour l’alternance, déclarait qu’il ne s’agit là que d’une suite logique de la politique de la terre brûlée prônée, depuis toujours par monsieur Ping. Quelle appréciation faites-vous de ces déclarations de monsieur Hervé Patrick Opiangah ?

Chantal Myboto Gondjout : il a beaucoup évolué. Je sais que c’est plutôt un patron de basse besogne, mais je ne savais pas qu’il était devenu un orateur, même s’il m’amène encore une énième fois au tribunal, je suis désolée, Patrick Opiangah était partie prenante de tout ce qui s’est passé au QG de jean Ping le 31 août. Ce n’est plus une affaire de monsieur Jean Ping et Ali Bongo, c’est une affaire des Gabonais et du pouvoir, les Gabonais ont décidé d’avoir un autre chef d’Etat, les Gabonais ne veulent plus d’Ali Bongo comme président de la république, Ali Bongo a été pris la main dans le sac, comme quoi le voleur à quatre-vingt-dix-neuf jours, le centième est pour le propriétaire, le propriétaire était Dieu et le peuple Gabonais. Donc à partir de ce moment je ne vois pas comment ils peuvent interdire au peuple Gabonais de revendiquer sa victoire, la preuve nous sommes ici pour ce dialogue, nous attendons les résolutions de ce dialogue, et nous allons appliquer les résolutions de ce dialogue, maintenant on va voir. Comme a dit le monseigneur Madega : « il est inadmissible de déclarer un échoué admis et un admis échoué ».

Au cours de son entretien il accuse, comme nous le disions précédemment, Jean Ping de prôner la politique de la terre brûlée. Quel serait votre réponse face à cette accusation ? Et il évoque par ailleurs l’idée d’une amnistie pour tous les crimes ou délits commis durant la crise post-électorale, un commentaire particulier à ce sujet ?

Chantal Myboto Gondjout : Qui pratique la politique de la terre brûlée, c’est monsieur Jean Ping ou Ali Bongo? C’est l’hélicoptère qui a bombardé son bâtiment, c’est la garde républicaine et les milices qui ont bombardé le QG de Jean Ping, c’est la garde républicaine et les milices qui ont tiré. J’étais au QG de jean Ping, j’ai vu et vécu cela, j’ai vu arriver les blindés de la garde républicaine, et les blindés de la garde républicaine ne peuvent pas être dehors si Ali Bongo n’est pas dehors, c’est tout ce que moi je dis.

Donc quand il parle de la politique de la terre brûlée, quelle politique de la terre brûlée? Parce qu’ils se rendent compte qu’ils ont fauté, ils se rendent compte qu’ils n’ont pas respecté la volonté du peuple Gabonais, ils se rendent compte qu’ils ont tué des inconscients qui étaient à mains nues, ils ont inventé tout et n’importe quoi en accusant monsieur Ping des pires choses inimaginables. Alors que c’est eux-mêmes, et vous avez-vous même suivi d’ailleurs la dernière fois, le témoignage de cette jeune fille à qui on a demandé de choisir entre être tuée et se brûler, vous trouvez ça humain? Mais nous avons affaire à des animaux ! Je suis désolée, je suis offusquée et choquée d’entendre que cela vienne d’Hervé Patrick Opiangah, que c’est un criminel de cet acabit qui puisse se permettre de tels propos, c’est tout ce que j’avais à dire.

Concernant l’idée d’amnistie, de toute façon s’il demande cela, c’est un aveu de culpabilité, de faiblesse parce qu’il sait très bien quelles sont les actions qu’ils ont commis. Alors lorsqu’il demande cela il sait pourquoi il le demande, mais nous disons qu’il n’en est pas du tout question. Il y a des jeunes gabonais qui sont morts, qui veulent la liberté. Il faut qu’au Gabon on apprenne à respecter le vote des gabonais. Il est hors de question de tuer les gabonais, d’avoir assassinés les gabonais et se réfugier derrière ce genre de propos; moi je trouve cela vraiment irrespectueux pour nos morts, nous allons aller au bout de nos projets.

Le ministre de l’Economie forestière et désormais ancienne vice-présidente de l’Union Nationale, Estelle Ondo, a accusé le président Zacharie Myboto, de gérer le parti de manière clanique, elle est même allée plus loin en insinuant que son exclusion aurait été motivée par le fait de son patronyme.  Que répondez-vous à cette déclaration de madame Ondo.  

Chantal Myboto Gondjout : elle sait comment elle est devenue vice-présidente de l’Union Nationale, je ne vais pas revenir là-dessus. Je trouve que c’est un procès d’intention, je trouve simplement misérable et pitoyable de la part de madame Estelle Ondo, d’avoir dit cela, parce que si le parti était géré de manière familiale, madame Estelle Ondo n’aurait jamais été vice-présidente de l’Union Nationale.

Elle sait comment elle est devenue vice-présidente de l’union nationale et elle sait combien ça a coûté au président Myboto du fait qu’elle soit vice-présidente, qu’elle sache au moins dire merci, parce qu’elle s’est servie de l’Union Nationale comme tremplin pour entrer au gouvernement, c’est tout ce que je voulais lui dire.

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