Total Gabon: l’ONEP accuse Henry Max Ndong Nzue de violer la liberté syndicale

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Alors que le personnel entame son 4ème jour de grève, la situation continue d’être tendue avec la Direction générale de la filiale de la multinationale française. Dans une correspondance adressée au ministre du Travail, Arnauld Calixte Engandji Alandji,  l’Organisation nationale des employés du pétrole (ONEP) dénonce l’attitude affichée par le directeur général de l’entreprise, Henry Max Ndong Nzue qui s’illustre depuis le déclenchement de la grève par des entraves à la liberté syndicale et des menaces sur les employés.

Dans cette correspondance, l’Onep interpelle le gouvernement sur l’attitude cavalière de la direction générale de Total Gabon, qui s’illustre depuis le lancement de la grève le 9 juillet dernier, par des «violations manifestes des lois et réglements, par l’aliénation du droit de grève et l’entrave à l’action syndicale au préjudice des intérêts de ses employés».

Entre autres griefs fait à Henry Max Ndong Nzue, le remplacement des agents grévistes par le personnel de la société EMTP sur ses installations notamment sur les sites du Cap Lopez, où les employés ont été délogés manu militari par les agents de sécurité de la SGS, et aussi à PG2, alors que ladite entreprise ne dispose d’aucune autorisation légale de pratiquer l’activité de mise à disposition du personnel en territoire gabonais.

Du côté du bâtiment administratif où les salariés ont installé un piquet de grève, le responsable a menacé de déguerpir ces derniers en usant de la force publique, «sous prétexte que la grève ne se fait pas sur le lieu du travail». Dans sa stratégie de pourrissement, il aurait également refusé d’obtempérer à la convocation de l’inspecteur spécial du travail en charge du secteur pétrolier pour débattre de la question de la mise en place d’un service minimum.

Au demeurant, l’organisation syndicale indique que par ces violations flagrantes de la loi, que Total Gabon viole la Convention n°087 de l’OIT concernant la liberté syndicale et la protection du droit syndical, mais aussi le Code du travail gabonais en son article 14 qui dispose que l’Etat garantit la liberté et l’exercice du droit syndical.Autant d’élément qui démontre le mépris de Total vis-à-vis des lois gabonaises et qui selon l’organisation syndicale nécessite un traitement de rigueur par les pouvoirs publics.

Ainsi, l’organisation syndicale interpelle le ministre sur la nécessité de prendre des mesures coercitives contre cette entreprise notamment «la cessation immédiate d’activité du personnel des société EMTP, DTSA et SPIE; la cessation des menaces et intimidations orchestrées par le directeur général franco-gabonais, Henry-Max Ndong Nzue sur le personnel en grève, l’annulation des mesures annoncées par le directeur général qui évoque la cessation de prise en charge de tout le personnel gréviste sur les sites pétroliers, la liberté du personnel en grève à protéger les installations».

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