lundi,20 septembre 2021
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Tabassage du maire de Franceville: entre incivisme et défiance envers l’autorité de l’Etat

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Le mercredi 24 février 2021, les Gabonais ont découvert, avec émoi et indignation, l’odieuse agression du 2e adjoint au maire de la commune de Franceville, chargé de la voirie, par des compatriotes d’origine libanaise. Au-delà de la stupeur et la colère que suscite cette nouvelle agression d’une personne dépositaire de l’autorité publique, les Gabonais attendent de l’Etat qu’il réagisse clairement et fermement face à ces actes intolérables dans notre République.

Si la palme d’or de l’incivisme et de la défiance envers l’autorité de l’Etat existait, le Gabon trônerait certainement parmi les favoris pour décrocher le prix. Et pour cause : il y a une forme de défiance de l’autorité qui s’est installée, depuis de nombreuses années dans notre pays. Face aux représentants de l’Etat, les citoyens s’emportent très facilement et la plupart du temps pour des futilités. 

En effet, les Gabonais se sont malheureusement familiarisés avec les agressions verbales, incivilités et outrages de tout genre envers les dépositaires de l’autorité publique. Ce qui choque profondément l’opinion, et nous amène à nous interroger sur le rapport qu’ont certains compatriotes avec l’autorité, c’est le cas de Jules Ferry Ndoumou, 2e adjoint au maire de la commune de Franceville, qui a été durement molesté. Et, les faits de cette nature semblent devenir monnaie courante. 

Ironie du sort, l’acte le plus mémorable d’agression d’un agent dans l’exercice de ses fonctions a été l’œuvre d’un ancien maire, en l’occurrence Serge William Akassaga Okinda. Alerté par son épouse, qui avait été interpellée pour non-présentation  du permis de conduire, l’ancien édile avait copieusement roué de coups l’agent de police responsable de l’interpellation. A l’issue du procès, la condamnation des époux Akassaga Okinda, à quelques mois de prison avec sursis et à de misérables amendes, laissait déjà penser qu’il ne faudrait pas s’étonner que chacun pense pouvoir frapper un représentant de l’autorité publique sans être inquiété, à condition d’être un membre influent du régime ou un proche du président de la République.

De nombreux cas similaires se sont répétés dans le temps. Néanmoins, l’Etat a un devoir de soutien et de solidarité à l’égard de ses représentants, victimes de ces actes qui appellent des sanctions exemplaires et des réparations. A cet égard, le traitement judiciaire qui sera donné à « l’affaire du maire de Franceville » est digne d’intérêt. 

Il faut, pour l’Etat, agir au plus vite face à ces agissements inqualifiables qui constituent une agression contre la République. Raison pour laquelle, force doit rester à la loi. L’Etat doit se donner les moyens de la faire respecter. 

En tout état de cause, certains Gabonais ont une curieuse compréhension de l’adage selon lequel « nul n’est au-dessus de la loi ». Ils sont nombreux à penser que l’adage ne s’applique pas à eux, mais seulement aux autres. Il s’agit ici de certaines personnes dites « hautes personnalités » et de certains Gabonais d’adoption. Concernant ces derniers, l’attitude des mis en cause de Franceville peut être de nature à semer le trouble dans l’opinion et exposer cette catégorie à la vindicte populaire. Cela s’est d’ailleurs vu dans les diverses réactions indignées ; car les Gabonais trouvent bien curieuse la façon dont certains de nos « nouveaux » compatriotes se livrent sans aucune modération, à des actes de défiance de l’autorité de l’Etat. 

Il se pose dès lors la nécessité pour tous de se convaincre que la loi s’applique à tous : Gabonais d’origine et d’adoption, citoyens lambda, dignitaires, ministres, fonctionnaires, étudiants, etc. 

Certains Gabonais ont besoin d’une thérapie de choc. Pour inverser de manière significative les tendances antirépublicaines, il faut un Etat fort, intransigeant, juste et soucieux de l’Etat de droit. Si nos dirigeants ont pour habitude de faire appliquer la « loi dans toute sa rigueur », lorsqu’il s’agit de réprimer l’expression des libertés individuelles et collectives, les Gabonais sont en droit d’attendre que la même fermeté soit appliquée dans les cas d’agressions de leurs élus et des représentants de l’Etat.

Gregue Nguele
Editorialiste

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