Suspension de paiement des bourses : les étudiants gabonais de France indexent la Présidence

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Deux mois après que l’Agence française pour la promotion de l’enseignement supérieur, l’accueil et la mobilité internationale représentée par la structure Campus France demandait aux étudiants de prendre leurs dispositions sur les charges relatives à la poursuite de leurs études en hexagone jusqu’au versement par l’Etat des fonds alloués à cet effet, la situation de ces derniers reste toujours aussi précaire.

En effet, cette situation est très mal perçue dans l’opinion, certains y voient soit l’incapacité de l’Etat à faire face à ses obligations, d’autres  pointent du doigt sa volonté de faire payer à certains étudiants leur prise de position par rapport à l’élection présidentielle du 27 août 2016, avec l’organisation depuis plus d’un an des manifestations en France.  

En plus du non respect des engagements de l’Etat auprès de l’organisme habilité par celui-ci à assurer le paiement des bourses aux étudiants bénéficiaires, certains voient désormais leur demande de préinscription à la candidature de doctorat en France purement et simplement rejetée.

«Après une réponse de l’école doctorale de Paris 8, je me suis rendu à l’ANBG (l’Agence nationale des bourses du Gabon, NDLR) pour compléter mon dossier. La dame, qui s’occupe de la zone Europe, m’a dit qu’il est préférable que je dépose pour le compte de l’année universitaire 2018-2019, étant donné qu’ils ont reçu l’ordre de la Présidence de ne plus accorder des bourses puisque les boursiers gabonais de France sont à deux mois sans bourse»; a confié un étudiant à l’hebdomadaire La Loupe de ce mardi 14 novembre 2017.

Un témoignage qui corrobore quelque peu les allégations d’immixtion de la Présidence de la République dans le refus de l’Etat de s’acquitter des allocations de bourses dues aux étudiants. «Selon une source, le pouvoir a décidé de faire payer les étudiants boursiers gabonais leur engagement pour la reconnaissance de la victoire de Jean Ping en France au nom de la diaspora»; révèlent d’ailleurs nos confrères.  

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