Suspension de la Conasysed : l’Union nationale dénonce une décision inique et illégale

Suite à la suspension des activités de la Conasysed par arrêté numéro 006/MISPDL, du 17 mars 2017, pris par ministre de l’Intérieur, Lambert Noël Matha, les réactions dans l’opinion ne cessent de tomber. Ainsi, c’est par la voix  de son secrétaire exécutif adjoint chargé de la communication, Sandrine Akerey, que l’Union nationale (UN), principal parti de l’opposition, a réagi à cette décision qu’elle qualifie «inique et illégale».

En effet, suite à la suspension de la Conasysed alors que celle-ci exerce «ses activités conformément à la loi 18/92  du 18 mai 1993 et aux dispositions des conventions numéros 87 et 96 de l’Organisation Internationale du Travail (OIT)», l’UN qui a à cœur de défendre les valeurs de démocratie, notamment celle de la liberté syndicale  «s’interroge sur le bien-fondé d’une telle décision». Pour elle, ce type d’acte traduit «la volonté du pouvoir émergent de fouler aux pieds la démocratie et toutes les libertés qui l’accompagnent».

Rappelant les principes qui encadrent la liberté syndicale au Gabon, notamment la «loi à laquelle s’ajoute la Charte Nationale des Libertés du 26 juillet 1990 qui reconnaît et garantit le droit à la liberté d’opinion, d’expression et à la liberté d’associations», Sandrine Akerey souligne que «ce sont là des acquis républicains de la Conférence Nationale tenue à Libreville du 23 mars au 19 avril 1990 et sur lesquels aucun responsable politique ne saurait revenir, sauf à vouloir réinstituer un système de parti unique qui refuse les libertés fondamentales».

En outre, l’Union nationale note «qu’en vertu de l’article 6 de la loi 18/92 du 18 mai 1993, tout agent de l’Etat peut librement adhérer au syndicat de son choix dans le cadre de sa formation». De ce fait, puisque ayant subi en 2011 la même mesure par ledit ministère, elle  «condamne vertement cette décision inique, illégale et anticonstitutionnelle et appelle le ministre à plus de sérénité». «La loi n’est pas faite  pour permettre à un ministre ou à  un groupe de citoyens de piétiner les libertés fondamentales et ainsi asservir le peuple. Force doit rester à la loi» conclut le communiqué.

Laissez votre avis