«Sur 56 partis légalement reconnus, 54 ont adhéré au dialogue», l’invraisemblable affirmation de Bilie-By-Nze

C’est devant la presse nationale et internationale que le ministre de la Communication, des Arts et de la Culture, porte-parole du gouvernement, Alain-Claude Bilie-By-Nze a fait cette annonce fracassante. C’est une affirmation à couper le souffle, la quasi-totalité des partis politiques gabonais ont, selon lui, souscrit au le dialogue sans tabous prôné par Ali Bongo.

Erreur de communication ou total déni de vérité ? Les faits sont parlants. Contesté depuis le 31 août dernier suite à l’annonce de sa réélection à la magistrature suprême, Ali Bongo malgré ses 50,66% soit plus de la moitié des suffrages exprimés a jusqu’à ce jour du mal à consolider légitimité et légalité. L’opinion s’interroge sur la véracité des propos tenus par le ministre de la communication d’autant plus que la démonstration du caractère invraisemblable de son affirmation serait facile à établir.

Organisé du 18 au 23 décembre dernier au complexe Noé Palace, le dialogue national pour l’Alternance de Jean Ping a vu la participation massive de nombreux partis politiques « légalement reconnus » à savoir l’Union nationale (UN), le Parti Gabonais du Progrès (PGP), l’Union Pour le progrès et la liberté (UPL), le Rassemblement Pour le Gabon (RPG), le Congrès pour la démocratie et la justice (CDJ), l’Alliance pour la renaissance nationale (ARENA) pour ne citer que ceux là. La simple soustraction de ces partis remet en cause l’affirmation du ministre.

Toutefois, il conviendrait de revenir sur la précision apportée par le ministre concernant les partis « légalement reconnus ». Si certaines formations politiques peuvent se prévaloir de la qualité de parti politique au sens de la loi, en se targuant d’avoir un récepissé définitif, délivré par le ministère de l’Intérieur, il n’en demeure pas moins que plusieurs partis politiques à l’instar de l’Union du peuple gabonais (UPG) tendance loyaliste de Moukagni Iwangou, de l’Alliance démocratique et républicaine (ADERE) de Divungui Di Dingue, du Rassemblement héritage et modernité (RHM) porté par des anciens députés frondeurs du PDG, bénéficient d’une adhésion plus importante que le des formations politique telles que le Mouvement de redressement national (Morena Originel) de Molière Boutamba, Le Front pour l’unité nationale et le développement utilitaire (FUNDU) de Noël Borobo Epembia ou même le Forum Africain pour la reconstruction de Léon Mbou Yembi, qui sont en quasi état de mort clinique.

D’aucun voit ici une volonté manifeste du gouvernement de donner l’impression à l’opinion nationale et internationale que l’ensemble de la classe politique gabonaise est disposée à prendre part au dialogue souhaité par Ali Bongo, alors que dans les faits ce n’est pas le cas. En effet, de nombreux partis qui jouissent d’un statut légal ont bien pris part au dialogue national pour l’alternance organisé par Jean Ping, il paraît donc invraisemblable que si on soustrait sans trop d’abus la dizaine de parti ayant participé aux assises de l’opposition à l »initiative de Jean Ping, ajouter à cela les partis légalement constitués qui ne le sont que de nom, il est clair que le chiffre de 54 sur 56 annoncé par le porte-parole du gouvernement est discutable, voir irréaliste.

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