dimanche,27 septembre 2020
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Suite de l’opération Scorpion: quid de Nkoghe Bekale ?

Suite aux arrestations récentes et concomitantes des conseillers municipaux de l’hôtel de ville avec en point d’orgue l’interpellation de Léandre Nzue, maire de Libreville, l’opinion s’interroge sur l’avenir de Julien Nkoghe Bekale ancien Premier ministre du Gabon. Des interrogations légitimes au regard du sort réservé ces derniers mois aux plus proches collaborateurs du président de la République. L’édile de Libreville vient d’en faire les frais alors qu’en est-il de Julien Nkoghe Bekale ? 

Le 20 juillet dernier aux termes d’une conférence de presse donnée par le porte-parole de la présidence de la République, une question d’un journaliste de Gabon Media Time n’avait pas manqué d’attirer l’attention de l’opinion sur l’éventualité qu’au terme de son éviction, Julien Nkoghe Bekale fasse l’objet de poursuites judiciaires. « Le gouvernement va-t-il exhumer l’opération Scorpion et mettre en branle son fameux triptyque éviction-arrestation-détention après le départ de Julien Nkoghe Bekale?», s’est interrogé le journaliste. 

« Pour l’heure, aucune poursuite n’est engagée contre Julien Nkoghe Bekale »,  a ensuite précisé Jessy Ella Ekogha. Une réponse qui appelle toutefois à l’interrogation car la nuance « Pour l’heure » ouvrait à cette époque le champ des possibles. De Juillet à septembre, près de deux mois se sont écoulés et avec l’arrestation de Léandre Nzue mais surtout celle du Directeur général de la marine marchande Martin Ndong Ntoutoume pour des faits présumés de détournement d’un montant de plusieurs centaines de millions de francs CFA, le moins qu’on puisse dire est que  l’ancien Premier ministre n’est à l’abri de rien. 

L’ancien Directeur général de la marine marchande serait d’ailleurs, selon certaines indiscrétions un proche de l’ancien Premier ministre Julien Nkoghe Bekale. Un fait d’une certaine teneur qui pousse plusieurs observateurs de la vie politique gabonaise à voir dans cette arrestation, un signe de la chute annoncée de l’homme fort de Ntoum. 

Surtout et ne l’omettons pas, son nom a souvent été associé au scandal politico-financier au terme duquel Brice Laccruche Alihanga et ses Bla-Boys ont été emprisonnés à « Sans famille ». Le Premier ministre Chef du gouvernement l’a peut– être oublié, mais Constitutionnellement, Julien Nkoghe Bekale est responsable de son administration et de son gouvernement, y compris des bilans et actes de ces hauts commis de l’Etat, qu’il a nommés et/ou adoubés en vertu de l’article 29 de notre Constitution. Comment a-t-on pu interpeller, puis emprisonner autant de directeurs généraux sur la base de faits que l’on sait, sans à un moment, évoquer la responsabilité du Premier ministre ? 

Les attaches idéologiques, les liens et les accointances avec ces membres de l’Ajev placés en garde à vue et ceux récemment arrêtés  sont si étroits, si exigus, que Julien Nkoghe Bekale, ne peut de quelque façon que ce soit, se départir en totalité des actes posés par ses propres « poulains ». Conscient de cet état de fait, pourquoi se vautre– t-il incrédule, dans cet angélisme de fortune ? Veut-il faire croire à l’opinion qu’il n’a ni été informé, ni eu échos d’un tel réseau de blanchiment d’argent et d’une telle gabegie au sein des régies financières ? 

Pour plusieurs personnes dans l’opinion, la responsabilité de l’ancien premier ministre Chef du gouvernement dans les affaires des détournements de fonds ne souffre d’aucune contestation. Au plus fort de l’opération Scorpion, les plus radicaux exigeaient même sa démission. « Pour moi, il doit démissionner car c’est lui qui avait nommé chacun de ces voleurs dans leurs fonctions », confiait à GMT un fonctionnaire de la primature. 

« C’est l’impunité qui compromet, le plus, le développement et le progrès de notre pays », avait déclaré Julien Nkoghe Bekale. Les 20 milliards du décret fantôme issus des irrégularités observées dans la constitution irrégulière des « fonds politiques » et la « gestion occulte des recettes minières et des produits pétroliers » n’ont à ce jours toujours pas trouvé d’épilogue. Ce fait auquel a été associé l’homme fort de Ntoum du temps de son passage au ministère des des Mines, du Pétrole et des Hydrocarbures est toujours impuni.

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Pharel Boukikahttp://gabonmediatime.com/
Titulaire d'une Licence en Communication, d'une Licence en Economie et Gestion et d'un Master en droit Privé, mon appétence pour le journalisme est mise en exergue au quotidien à travers mes analyses sur Gabon Media Time dont je suis le Rédacteur en Chef.
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