«Silence, j’accuse !»

Ici, point de revendication. On doit subir. Ainsi va le pays. On doit rester bouche bée. Même si la douleur est atroce, il faut supporter. Tout est normal. Tout va bien. Le spécialiste des démentis publics a dit. Plus rien à redire. Les élèves ont marché. Les intimidations des hommes encagoulés et des gazes lacrymogènes les ont applaudi à leur passage. C’est la débandade à Port-Mauvais, pardon, Port-Gentil, allais je dire.

Il y a eu des blessés et des arrestations, dit-on, dans la cité pétrolière. C’est la ville économique du Gabon, chef lieu de l’Ogooué-Maritime. Les autres capitales provinciales étaient aussi dans la danse. Libreville, Lambaréné, Oyem et Koula-Moutou. Qui sait si Tchibanga, Mouila, Franceville et Makokou vont suivre ? La Conasysed de son côté, refuse de céder. Le Snec va-t-il mordre ? Là est toute la question. La Dynamique unitaire, sera-t-elle solidaire des 807 enseignants sous le coup de la sanction ? L’avenir est proche et nous le dira.                                   

Ils ont eu tort !!!

Ces enseignants et apprenants ont eu tort de réclamer ce qui leur revient de droit. Les élèves ont eu tort de réclamer que les enseignants reviennent en salle. Tort de revendiquer que les conditions d’apprentissage soient améliorées. Ils ont eu tort de demander que leurs bourses leur soient versées. Ils ont eu tort de dire que les tables bancs manquent à l’appel.

Les enseignants quant à eux, ont eu tort de dire qu’ils sont fatigués des effectifs pléthoriques. Ils ont tort de rappeler aux gouvernants de tenir à leurs engagements. Tort de demander de respecter les conclusions des états généraux de l’éducation. Tort de réclamer la construction des nouvelles salles de classes. Non, ils doivent se taire. Enseignants et apprenants doivent subir les humeurs de ceux qui gouvernent.                                

J’accuse !!!

J’accuse les gouvernants, qui au lieu de soigner la fièvre, décident de casser le thermomètre. Je les accuse ! Au lieu de blâmer, ils saluent la violence des hommes en armes, pour soi disant, leur professionnalisme. Je les accuse ! Au lieu de trouver des solutions aux problèmes réels, ils sanctionnent. Au lieu d’écouter, ils répriment.

J’accuse le mutisme des parents d’élèves qui se taisent face au génocide intellectuel d’une bonne génération de la jeunesse gabonaise. J’accuse le silence complice et assourdissant de ces parents qui se complaisent de la situation. Une jeunesse dite sacrée, qui pourtant, est massacrée au profit des intérêts égoïstes. Un silence de couleur hypocrite ?!

J’accuse les gouvernants, qui au lieu de sauver l’école publique, font la promotion des privées. Je les accuse, car au lieu de construire des salles de classe, privent certains élèves de leur avenir.

Je les accuse de couper les salaires et d’engendrer la colère. C’est la galère partout !

J’accuse les gouvernants de laisser les femmes et leurs enfants se noyer dans le déluge causé par la négligence de l’assainissement urbain, au lieu de les protéger, pour enfin, accuser dame nature. Je les accuse, au lieu d’améliorer les conditions de vie des Gabonais, les empirent. Au lieu de lutter contre la vie chère, ils la vendent aux enchères.

L’Enfant Soleil

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