mercredi,22 septembre 2021
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Sauvons nos enfants de l’enfer de la drogue !

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A l’occasion de la « La Journée nationale sans alcool et sans tabac » célébrée le 6 novembre de chaque année, le président de l’Organisation non gouvernementale Agir pour le Gabon, Dr Alphonse Louma Eyougha, par ailleurs pharmacien addictologue, a dans une tribune parvenu à Gabon Media Time, tenu à faire un bilan de la lutte contre les produits psychotropes et les stupéfiants, 26 ans depuis la création de son Ong. Occasion pour ce dernier d’inviter une fois de plus l’opinion publique à prendre à bras-le-corps ce fléau qui touche la jeunesse gabonaise, annonçant au passage la mise en place de dépistage en milieu scolaire, avec les tests urinaires ou salivaires multidrogues. Ci-dessous l’intégralité de ladite tribune. 

« Cela fait exactement 26 ans que notre organisation non gouvernementale Agir pour le Gabon combat les produits psychotropes et les stupéfiants. Agir pour le Gabon est la plus ancienne des membres de la société civile qui, sans interruption, pendant une si longue période, a bougé dans tout le pays pour des campagnes de sensibilisation, d’information et de prévention auprès des populations, de manière globale, mais particulièrement des jeunes sur les risques de la consommation des drogues licites et illicites.

Ces actions de terrain sont régulièrement relayées par différents médias de la place. Une partie de la population a encore certainement en mémoire la célèbre émission télévisée « Méga Tribune », produite par l’ONG Agir pour le Gabon et régulièrement diffusée sur la Première Chaîne (RTG), en 1997 et pendant les années qui ont suivi.

Dans le cadre de la lutte contre les fléaux du tabagisme et de l’alcoolisme dans notre pays, Agir pour le Gabon a institué, en 1997, « La Journée nationale sans alcool et sans tabac », célébrée le 6 novembre de chaque année. L’objectif de cette journée commémorative est de rappeler à la communauté nationale que la sobriété ou l’abstinence sont des choix santé et non des options pour tous ceux et toutes celles qui veulent vivre heureux et en bonne santé.

Sans fausse modestie, nous pouvons affirmer que nos états de service dans le combat pour le bien-être de nos concitoyens sont éloquents, visibles et indiscutables.

Parce qu’ils représentent l’avenir de notre société, et parce qu’ils sont aussi les plus vulnérables, les jeunes sont l’objet d’une attention particulière de la part de notre ONG. Nous avons en bandoulière la passion pour ne ménager aucun effort quand il s’agit de les protéger, quand il faut leur donner les instruments qui les éloignent de l’enfer de la drogue.

Oui, la drogue est un véritable enfer ! Ceux qui ont commencé à en consommer témoignent de toutes les souffrances endurées par eux et par leurs proches…

C’est l’occasion, ici, de rappeler que depuis le 1er juin 2020, le Dr Alphonse Louma Eyougha, fondateur de l’ONG Agir pour le Gabon, a mis en service la première Clinique de prévention et de traitement des addictions dans notre pays. Il faut savoir qu’une personne seule, dans l’enfer de la drogue, n’a quasiment aucune chance de s’en sortir sans l’aide ou l’accompagnement de professionnels de la santé. La dépendance physique, la dépendance psychologique et la dépendance comportementale sont de véritables serres qui la garderont prisonnière aussi longtemps que possible, et même souvent jusqu’à la mort. Aujourd’hui, après 26 ans de présence sur le terrain de la lutte contre les addictions, nous avons beaucoup appris et nous continuons d’ailleurs à apprendre, surtout de nos erreurs passées.

Aussi, nous voulons tirer la sonnette d’alarme en nous adressant à la fois à tous nos compatriotes, à nos enfants, aux étudiants et élèves, aux personnels du monde de l’éducation et aux pouvoirs publics : l’heure est grave ! Nous ne devons plus faire comme l’autruche, c’est-à -dire regarder ailleurs alors que le danger est devant nous.

Les mesurettes et autres effets d’annonce du genre exclusion des apprenants du système éducatif (la rue serait heureuse de les y accueillir); emprisonnement des jeunes consommateurs de stupéfiants, etc. ne sont d’aucune efficacité. Qui ignore que la drogue circule au vu et au su de tous les matons dans le milieu carcéral ? De plus, dans quels états physique et psychologique sortiront les jeunes qui auraient été emprisonnés ? La place de nos enfants n’est pas en prison. Seuls les dealers doivent aller y moisir ! Il faut savoir qu’il existe des solutions pour sauver nos jeunes enfants des griffes de la drogue. Ces solutions passent par la Prévention, mais surtout le Dépistage en milieu scolaire.

Nous proposons le dépistage prioritairement en milieu scolaire parce que d’expérience, nous savons que bien souvent les dealers attendent nos enfants à la sortie de l’école. Et la drogue leur est proposée sous plusieurs formes, les unes plus attirantes que les autres.

Tous les établissements scolaires sont frappés de plein fouet par ce fléau. Le dépistage en milieu scolaire avec les tests urinaires ou salivaires multidrogues que l’ONG Agir pour le Gabon, en partenariat avec La Clinique Alia & Zeida, vous propose, a déjà fait ses preuves ailleurs, dans de nombreux pays.

Ces tests seront réalisés par des médecins et d’autres professionnels de santé soutenus par Agir pour le Gabon. Les résultats de ces tests seront strictement confidentiels. Seuls les parents des enfants testés avec leur accord seront informés des résultats. Les enfants testés seront conviés à des entretiens avec nos professionnels de santé, dans l’enceinte de la Clinique Alia & Zeida dédiée au traitement des addictions.

Nos associatifs et psychologues se mettront à l’écoute des jeunes enfants consommateurs de stupéfiants afin de les aider à s’en sortir. Pour éviter la stigmatisation et le “marquage au fer”, nous n’informerons pas la direction de l’établissement si le test s’avérait positif pour un élève. Nous offrirons ainsi une seconde chance aux fautifs.

Cette opération de dépistage permettra l’identification précoce de la toxicomanie de l’enfant, et par voie de conséquence, une prise en charge par des personnes qualifiées en addictologie. On pourra ainsi inverser la tendance actuelle où les parents et les enseignants découvrent l’addiction de l’enfant souvent avec beaucoup de retard, après plusieurs années de consommation de stupéfiants et de produits psychotropes.

Grâce au dépistage, nos adolescents qui ont trébuché en choisissant de consommer un ou plusieurs produits toxiques pourront toujours faire marche arrière et recouvrer une bonne santé physique et mentale propice à la poursuite de bonnes études.

Dr Alphonse LOUMA EYOUGHA, Pharmacien Addictologue

Président de l’ONG Agir pour le Gabon et Fondateur de la Clinique ALIA & ZEIDA »

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