Rupture d’antituberculeux : plus de 60 mille personnes exposées à la contamination

L'Hôpital de Nkembo à Libreville © D.R

Depuis plusieurs mois, les malades atteints de tuberculose ne savent plus à quel saint se vouer. Pour cause, l’hôpital de Nkembo, spécialisé dans la lutte contre les maladies endémiques fait face à une rupture de médicaments antituberculeux. Une situation qui, selon les autorités, n’est pas prête d’être résolue faisant ainsi courir le risque de dégradation de la santé des patients.

En effet, selon les explications du deuxième secrétaire général adjoint du ministère de la Santé, Guy Patrick Obiang,  «cette rupture  de quelques molécules liées au traitement antituberculeux n’est pas un phénomène spécifique au Gabon, elle touche également d’autres pays de la sous-région».

Ce constat de rupture avait été déjà fait le 26 décembre 2017 lors d’une conférence de presse animée par la Coalition de la société civile gabonaise (CSCG) qui avait effectué une tournée à travers le pays. En outre, les responsables du Programme national de lutte contre la tuberculose (PNLT), unité de l’hôpital de Nkembo, spécialisé dans la prise en charge des personnes atteintes de cette maladie, restent silencieux concernant cette pénurie.

Selon Guy Leon Mombo, secrétaire exécutif, porte-parole de la Coalition de la société civile gabonaise «l’Etat n’a effectué aucune commande d’antituberculeux depuis plus d’un an. Par ce comportement irresponsable, plusieurs milliers de personnes sont exposés à la maladie. Les statistiques de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) identifient plus de 6000 cas de tuberculeux au Gabon. Ces six mille personnes peuvent exposer chacune à la maladie au moins dix personnes. Ce qui veut dire que le manque de molécules antituberculeux expose plus de 60 mille personnes à la tuberculose.»

Le plus regrettable dans cette situation, c’est que selon certaines sources, les malades sont obligés de passer par des réseaux douteux pour se procurer les médicaments avec tout ce que cela peut comporter  comme risque.

Du côté du ministère de la Santé, on explique que cette situation serait  due à une pollution dans la chaîne de production de ces médicaments au niveau de l’usine de fabrication en Chine. Ceci exclut donc la question du financement qui a déjà été réglée par le gouvernement. «Nous sommes très inquiets par rapport aux délais de livraison. Même si l’usine qui fabrique ces médicaments règle son problème de pollution, nous n’aurons les médicaments que peut être dans trois à six mois», a indiqué Guy Patrick Obiang.

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