dimanche,20 septembre 2020
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Rose, 39 ans, analyste politique

Ou vivez-vous et avec qui ?

Ma maison se situe dans une cité paisible d’Owendo, j’y vis avec mon fils de 2 ans et mon compagnon. J’héberge aussi  mon neveu qui est étudiant à l’U.O.B mais il vit dans une dépendance externe, à l’arrière du jardin. Le quartier est agréable, on y trouve facilement des commerces de proximité et si on le souhaite, on peut faire de la marche ou un jogging en toute sécurité.

Quelle est votre situation de travail en ce moment ?

Je suis en confinement total depuis près d’un mois. En effet, mon employeur a jugé utile très tôt, d’anticiper la gestion de la pandémie en réduisant le nombre d’employés sur le lieu de travail. En revanche, en plus de mon emploi, j’ai ouvert au mois de février un institut de beauté. Cette crise a impacté le rythme de nos activités et de nos projections financières. Les restrictions progressives mises en place nous ont obligés à fonctionner sur un mode minimum pour éviter d’avoir des contacts trop étendus avec la clientèle.

Comment votre rôle est-il différent d’avant la crise ? 

Au début j’ai eu la naïveté de penser que le confinement allait enfin m’accorder le repos que je désirais tant, mais bien au contraire !

N’ayant plus de personnel pour m’aider à gérer le ménage et mon fils, je me suis remise dans le rôle de femme au foyer, j’ai redécouvert ma maison et le ménage, mon chien et mon jardin aussi.

Au début, par réflexe je pense, je me suis programmée des journées chargées avec des To do lists et des objectifs à atteindre. Puis petit à petit, j’ai appris à ralentir et à gérer les choses différemment, moins machinalement, avec plus de plaisir et en prenant plus le temps qui s’offrait généreusement à moi.

Depuis mon retour de congés maternité, j’ai réalisé par exemple que je n’avais jamais passé du temps de si bonne qualité avec mon fils. Sans obligation professionnelle, sans business à gérer, même en période dite de vacances, je n’avais jamais ce temps. J’ai donc décidé de profiter de cette période pour me redéfinir en tant que mère, compagne, sœur, tante, amie et maîtresse de maison.

Comment vivez-vous ces changements ? 

Globalement de manière très positive. C’est vrai que le contexte est inquiétant et que la réalité ne permet pas de se réjouir de ce qui arrive. Les prévisions financières sont à revoir largement à la baisse, les dépenses restent présentes, les projets qui tiennent à cœur se voient être annulés. Sous cet angle, on a l’impression que l’on ne va pas s’en sortir et que le monde est en train de s’effondrer. De plus, faisant face à une forme d’impuissance avec les informations qui pour l’instant ne diffusent rien de très rassurant, on peut vite sombrer dans la psychose. 

Et c’est ce qui a failli se produire jusqu’à ce que je réalise qu’en fait, il pourrait m’arriver n’importe quel tracas d’ordre matériel, le plus important pour moi présentement, c’est d’être en bonne santé et en vie. Pour le coup, j’ai pu reléguer au second plan les soucis d’ordre matériel en me consolant sur le fait d’avoir l’essentiel dans ma vie : mes enfants, mon compagnon, ma famille, mes amis, en bonne santé et en vie. Mes journées sont certes toujours aussi pleines, mais différemment et ce nouveau mode de vie me convient et m’amène même à me demander comment le conserver lorsque le monde reprendra sa course folle.

Le confinement m’a appris beaucoup de choses, mais l’une des plus importantes, est d’apprendre à s’arrêter car cela me semblait impossible. 

Comment faites-vous pour rester en contact avec vos amis et la famille ?

Comme tout le monde, j’utilise beaucoup les réseaux sociaux pour maintenir le lien avec les miens. Cependant, le confinement m’a permis de concrétiser une initiative très importante que je souhaitais réaliser depuis bien longtemps. J’ai fait une liste de toutes les personnes qui ont été importantes dans ma vie, un peu comme une rétrospective humaine et j’ai décidé de les contacter à nouveau car, en effet, il y a tant de personnes qui me sont chères et avec qui je n’avais plus du tout de contact. 

Je ne trouvais jamais le temps de leur passer cet  appel qui ne pouvait pas se résumer à une simple conversation à la va vite, alors j’abandonnais toujours l’initiative. Le temps qui n’attend pas est passé, et m’a éloignée de ces personnes avec qui j’ai pourtant un lien affectif très fort. 

Ressentez-vous une plus grande charge physique et mentale dans votre vie ?

Absolument pas. A mon sens, le confinement, quelle que soit la manière dont il se conclura et surtout, si je ne tombe pas malade, s’inscrira comme un moment de libération pour moi. Comme je l’ai expliqué plus haut, j’appréciais ma vie, mais je vivais tout de même sous pression avec des obligations de rendement que je m’imposais seule avec du recul. 

Je me sens mentalement fortifiée car cette situation nous apprend tous à nous adapter au contexte instable dans lequel nous vivons. Désormais, j’ai moins peur de l’avenir.

Je pense que nous avons toutes les ressources en nous pour nous permettre d’ajuster nos modes de vie et quoi qu’il arrive, au finish, le plus important, c’est d’être en vie et en bonne santé.  Physiquement, je me sens également beaucoup plus légère depuis le confinement car, plus que jamais, je suis beaucoup plus regardante sur la qualité de mes aliments et leur impact sur nos systèmes vitaux, je mange donc plus sainement pour augmenter mon capital santé, et je fais de l’exercice.

En ce moment, comment vous détendez vous ?

Quelle musique ? Je prends à présent le temps de redécouvrir des artistes que j’aime beaucoup. Je replonge dans l’univers d’Asa pour ne citer qu’elle, j’ai écouté avec beaucoup de plaisir ses derniers albums.

Quel film ? Depuis le début du confinement Il m’est arrivé de regarder quelques films mais surtout des documentaires. C’est inédit pour moi car, on peut compter les fois dans une année où je me pose devant la télévision. 

Du sport ? Oui, je ne suis pas une grande sportive et il ne faut pas trop m’en demander, Un livre ? La lecture est incontestablement mon premier amour et le confinement m’a permis de replonger dans  « Le jour où j’ai appris à vivre » de Laurent Gournelle.

Quelle est la dernière chose qui vous a fait rire ou sourire ?

Mon dernier rire, je le dois à mon fils. A vrai dire, il me fait rire tous les jours car en le redécouvrant, je me rends compte qu’il devient un vrai petit homme qui se forge une personnalité intéressante et qui a vite appris l’art de manipuler !

Un conseil aux autres femmes en cette période difficile ?

Il y a beaucoup de conseils que j’aimerais partager à mes consœurs, mais le plus important, pour commencer, est celui d’apprendre à accepter de s’arrêter, de lâcher prise afin de faire un bilan sur sa vie et le sens, la direction qu’on lui a donnée jusqu’à présent. Faire un tri, un nettoyage sur tous les fronts que nous avons à gérer au quotidien, revoir nos priorités et les choses qu’on pense être essentielles à notre équilibre et à notre bonheur.

Apprenons à considérer la Vie comme une amie et non comme un combat, essayons d’être franche avec nousmême, identifions nos faiblesses mais reconnaissons aussi nos forces et notre plus-value. Cessons d’être trop exigeante avec nous-même et avec les autres.

Pour conclure, le rôle central qu’occupe la femme  à tous les niveaux dans la vie n’est plus à définir aujourd’hui, nous devons donc être, plus que jamais, à des heures décisives,  conscientes de notre importance et de notre place dans le monde globalisé dans lequel nous vivons. Si chacune de nous décide de devenir sa meilleure version, alors la société entière sera impactée au mieux et le reste suivra car pour reprendre l’adage, Ce que femme veut, Dieu veut !

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