Révision constitutionnelle : ministres et généraux prêteront serment devant le président de la République

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Le 28 septembre dernier, le communiqué final du Conseil des ministres annonçait la mise en oeuvre d’un projet de loi portant révision de la constitution sans toutefois, faire mentions des principaux points faisant l’objet de modification, jusqu’à ce que ledit projet ait été révélé à la presse par certains hommes politiques. A la lecture de ce dernier, on y perçoit par exemple que que ministres et généraux prêteront serment devant le président de la République.  

L’article 15 nouveau du projet de révision constitutionnelle dispose qu’ « avant leur entrée en fonction, les membres du Gouvernement prêtent serment devant le Président de la République et en présence de la Cour Constitutionnelle, selon les termes ci-après :« Je jure de respecter la Constitution et l’État de droit de remplir consciencieusement les devoirs de ma charge dans le strict respect de ses obligations de loyauté et de fidélité à l’égard du Chef de l’État de garder religieusement, même après la passation de mes fonctions, la confidentialité des dossiers et des informations dont j’aurais eu connaissance dans l’exercice de celles-ci.»

Un serment qui consacre une dévotion des membres du gouvernement au président de la République à qui et devant qui, ils jurent  loyauté et de fidélité. Ce nouvel article consacre un régime présidentiel au sein duquel ce dernier est irresponsable politiquement car n’ayant aucun contre pouvoir et juridiquement parce qu’il jouit d’une immunité de fonction.

Le nouvel article 20 quant à lui, dispose que les commandants en chef des forces de défense et de sécurité sont tenus de prononcer devant le président de la République  avant leur entrée en fonction. Lequel se décline ainsi : «je jure de défendre la patrie et l’État de droit de remplir consciencieusement les devoirs de ma charge dans le strict respect de ses obligations de loyauté et de fidélité à l’égard du Chef de l’État de garder religieusement même après la cessation de mes fonctions, la confidentialité des dossiers et des informations dont j’aurais eu connaissance dans l’exercice de celles-ci.»

Par ce serment, les  commandants en chef des forces de défense et de sécurité font allégeance non pas au peuple gabonais mais au président de la République. Cette articulation de l’article 8 de la Constitution transforme l’armée en garde prétorienne. Car elle se place ainsi au service non pas du pays, de la nation et de la République mais d’un homme, le président de la République.

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