Rêve Mortel ou la démolition poétique des dictatures par Benicien Bouschedy

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Un an après la publication de Silences de la Contestation (poème sans ponctuation écrit sur plus de 123 pages), qui se présente parmi les œuvres les plus abouties pour dire l’engagement dans la littérature gabonaise, à travers le champ des sondages du présent africain dont la nudité des tourments de la médiocre démocratie obscurément entretenue par les dictatures les plus répugnantes présente, le poète originaire de Malinga, Benicien Bouschedy, vient de publier un autre poème « engageant » : Rêve Mortel.

Rêve Mortel, c’est ce poème de 110 pages parut en juillet 2017 aux Éditions La Doxa en France, qui propose de lire l’Afrique comme une fresque. Une fresque que veut peindre le Rêveur Benicien Bouschedy, ce Personnage-Poète-Idéaliste-Révolté qui correspond à l’esthétique de «L’homme Révolté» chez Albert Camus. Avec parfois des larmes et du sang, l’auteur de Rêve Mortel veut peindre une fresque où il n’y aurait ni complaisance ni faux-semblant. Une Afrique alarmiste, mortuaire, moretelle qui dit la condition humaine, lui donne la voix, des couleurs; tantôt de désespoir et de désillusion tantôt de réconfort et d’abnégation.

Rêve Mortel est une œuvre atypique, qui transporte à travers chaques couloirs de la société humaine: Frêle et muette. Muette et révoltée, frustrée et déterminée. Comme le mentionne la préface du Pr Didier Taba Odounga, «Il parle d’une Afrique engluée depuis près d’un siècle dans ses contradictions sociopolitiques. Il parle d’une Afrique dont le personnel politique continue à ruiner les rêves des fils et filles de cette géographie mythique. Une Afrique dont les rêves deviennent nomades et finissent par mourir par le fait des princes. Ce poème au long cours dit la douleur, la torpeur, l’incomplétude et l’évanescence de cette terre originelle qui vit l’homme surgir et essaimer dans les différents points du globe».

Rêve Mortel c’est aussi cela, une caméra qui zoome sur des faits qui mêlent vision d’horreur, d’erreurs et donc des réalités crues qui tutoient tous les continents à travers la catégorisation sociale et l’auto-évaluation de leur gestion démocratico-dictatoriale :«la démocrature». Et cela, le poète arrive magistralement à le pointer grâce à une langue affutée, incisive; une langue déployée avec une forte valeur ajoutée afin de sortir la communauté des rets de la déchéance dans laquelle elle vivote depuis des décennies. Car, en tant que rêveur, « il veut peindre l’Afrique » d’une peinture qui renverrait cette Afrique à ses propres turpitudes, à ses absences démocratiques, à ses carences liberticides vis-à-vis de sa  propre corporéité.

Comme dans tous ses livres, Benicien Bouschedy chérit la liberté qu’il réclame aux noms des opprimés et des martyrs: «Faites de moi une liberté qui apaise et qui libère les chaînes, même si dans ce pays la résignation castre subtilement la virilité de l’action». En somme, Rêve Mortel est un plaidoyer pour l’Afrique et le monde sur la nécessité de cultiver incessamment la  tolérance entre les individus; la nécessité de préserver l’Afrique de toutes les calamités qu’elle rencontre au niveau sociopolitique. Que dit-il de la responsabilité de chacun?

Achetez ou commandez mais lisez, pour sauver l’Afrique de l’horizon Mortel et chaque conscience citoyenne de la résignation.

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