Réunion interministérielle sur l’éducation : Issoze Ngondet a-t-il été forcé de changer d’avis sur sa médiatisation?

Emmanuel Issoze Ngondet, Premier ministre © D.R

Un communiqué faisant état d’une réunion de travail entre le Premier ministre Emmanuel Issoze Ngondet et ses ministres en charge de l’Education nationale et l’Enseignement supérieur en vue de préparer la rentrée académique 2017-2018  a été diffusé en boucle dans la nuit de jeudi 3 et toute la matinée du vendredi 4 août dernier sur la chaîne nationale Gabon Télévision. Contre toute attente sur les lieux, les journalistes ont été renvoyés dans leurs rédactions respectives pour la simple raison qu’il s’agissait d’une « rencontre privée, à huis clos ».

Cet état de fait a laissé bien de journalistes perplexes sur la question. Et parmi les interrogations qui sont souvent  revenues, il y avait celle de savoir « pourquoi une rencontre entre le Premier ministre et ses ministres doit faire l’objet d’un communiqué public si la presse n’est pas attendue ? ». En effet, si le Premier ministre veut travailler avec ses ministres, (on suppose que cela arrive régulièrement…), pourquoi ne s’est-il pas directement adressé à leurs cabinets respectifs ? Les ministres Denise Mekam’ne, épouse Taty et Florentin Moussavou respectivement Ministre d’Etat, Ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de la Formation des cadres,  et  ministre l’Education nationale et de l’Education civique  étaient-ils si injoignables qu’il aurait fallu utiliser le média national pour les retrouver ?

Si tel est qu’il s’agissait d’une erreur de communication sur cette rencontre, pourquoi le communiqué a continué à défiler sur la chaîne nationale, au-delà de l’heure du début de cette rencontre, c’est-à-dire  11 heures ? Mais la section communication de la Primature a été formelle sur le sujet : « En fait, il s’agit d’une information qui a été mal diffusée. Elle ne devait pas être diffusée. C’est une rencontre privée ». Une réunion tellement privée que les journalistes de la presse  Primature se sont vus écartés. A l’issue de ces discussions, nous ne saurons jamais, du moins pour l’instant ce qui sera décidé pour préparer au mieux la rentrée académique prochaine après le fiasco des résultats du baccalauréat session 2017 (Avec un 14, 81% au premier tour, Ndlr.).

Toutefois, sur l’annulation de la médiatisation de cette rencontre, certains analystes politiques ont vu en amont, une volonté du Premier ministre, Emmanuel Issoze Ngondet de répondre aux contenus de la  Conférence de presse sur la situation économique du pays, animée par le groupe « Appelez-nous comme vous voulez » pour sa deuxième sortie, composé de  certains de ses ministres et camarades du Parti Démocratique Gabonais (PDG) qui n’hésitent pas indirectement à tirer sur tous ceux qui ne sont pas avec eux.  Au lendemain  de la première sortie de ce collectif, le Premier ministre avait réagi sur sa page Facebook en ces termes : « beaucoup parlent et s’agitent, mais les paroles ne changent ni la situation économique ni sociale d’un pays».

Comme une réponse à cette pique, « Appelez-nous comme vous voulez » a organisé cette rencontre autour du thème : «Situation politique actuelle : état des lieux et perspectives pour un Gabon fort, prospère et solidaire». Si des chiffres ont été avancés sur les efforts du premier septennat d’Ali Bongo, ce qui aura retenu l’attention de l’assistance ce sont ces propos en guise de conclusion de Pacôme Moubelet : «Chacun choisit d’occuper son temps comme il veut. Nous avons choisi d’occuper le nôtre à défendre la politique du chef de l’Etat, Son Excellence Ali Bongo Ondimba, et défendre sa personne. D’autres choisissent de passer leur temps à critiquer ce que nous faisons. C’est bien pour eux. Allez-y leur  dire d’ailleurs que nous avons fait une 2e conférence de presse aujourd’hui».

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