Réquisition de la SEEG: Veolia et Libreville peuvent-ils s’entendre ?

Antoine Frérot, PDG de Veolia et Ali Bongo © D.R

Dix-huit jours après la réquisition par l’État gabonais de la Société d’énergie et d’eau du Gabon (SEEG), filiale à 51 % de Veolia, un arrangement est-il encore possible entre les deux parties qui s’accusent mutuellement?



C’est la question que bon nombre de personnes se posent depuis que l’Etat gabonais a décidé de mettre fin au partenariat public-privé qui le liait au  groupe français Veolia qui entend le ester en justice pour non-respect des termes du contrat.

Si la prise de contrôle par Libreville, le 16 février, de la Société d’énergie et d’eau du Gabon (SEEG) s’est faite sans violence, il faut faire remarquer que personne n’a été expulsée du pays  jusqu’à présent. Le  litige attend toujours un dénouement.

Le gouvernement gabonais a  fait valoir qu’en tant qu’État souverain, il a le droit de mettre fin au contrat de concession en raison de la « mauvaise qualité des prestations ». Tandis que le groupe français dénonce une violation des termes dudit contrat qui devait courir jusqu’en 2022.

Dans un article de notre confrère Jeune Afrique daté du 27 février dernier, nous apprenions que le cabinet londonien Linklaters conseille Libreville dans ce dossier. Selon nos sources, il travaillera notamment à obtenir une compensation entre les arriérés de l’État et la dette fiscale de Veolia, le paiement des créances échues et la reprise des parts du concessionnaire dans le capital de la SEEG.

En effet, comme nous l’a fait savoir un observateur politique de notre pays, un arrangement est toutefois possible si les incompatibilités d’humeurs sont réglées. Soulignons par ailleurs que les deux parties s’accusent mutuellement d’«arrogance».

Un tel accord nécessite davantage de communication, même si, arrivé à la tête de Veolia en 2009, Antoine Frérot a vu Ali Bongo à quatre reprises, au sommet sur le Climat à Paris, pendant la Coupe du monde de football au Brésil en 2014, en février 2015 à Paris, et enfin en 2016 à Libreville lors de la reconduction de la concession.

Ne dit-on pas souvent que tout est possible en politique ? C’est également le cas dans les affaires. Il suffit que les parties se mettent sur la table et trouvent un terrain d’entente ou des compromis.

Ce qui est certain, le divorce  entre le groupe Veolia et l’Etat gabonais est loin d’être prononcé.

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