Réquisition de la SEEG: le gouvernement accuse Veolia de pollution

Alain Claude Bilie-By-Nze © D.R

Alors que la guerre des mots fait rage entre la multinationale française Veolia et l’Etat gabonais, suite à la rupture de la convention de concession qui liait les deux parties depuis 1997, le porte-parole du gouvernement a, au cours d’une conférence de presse qu’il a animé ce mardi 27 février 2018, pointé du doigt la «pollution à outrance» dont s’est rendue coupable le groupe français.



Lors de cette rencontre avec les hommes et femmes des médias, Alain Claude Bilie-By-Nze a apporté des clarifications à propos des pratiques de Veolia sur les installations dont elle avait la charge. En effet, mandatée par le gouvernement, en présence des responsables de la SEEG, la direction générale de l’Environnement avait constaté de graves manquements aux règles de sécurité environnementales.

Selon le porte parole du gouvernement, les experts du ministère de l’Environnement ont entre autres constaté, «le non respect de la réglementation en matière de gestion des déchets des hydrocarbures par la SEEG et le non respect des déchets sur les sites où l’on observe des déversements des huiles dans la nature», a-t-il confié.

C’est le cas à «Lambaréné, où les hydrocarbures sont déversés directement dans l’Ogooué, à l’endroit exact où la SEEG prélève l’eau destinée à la consommation des ménages. Il en est de même à Ndjolé où l’Ogooué sert de réceptacle des huiles et du gasoil évacués de la Centrale SEEG», a-t-il poursuivi.

Ces cas de pollution fustigés par le gouvernement s’étendent également A Mitzic et à Oyem, dans la province du Woleu-Ntem où «les lacs et rivières sont sauvagement pollués», a affirmé Alain Claude Bilie-By-Nze.

Dénonçant la gravité de la situation dont les dégâts environnementaux sont évidents, le membre du gouvernement s’est questionné sur «les conséquences que cette pollution a pu avoir ou peut avoir sur la santé des populations», tout en annonçant la mise en oeuvre des mesures urgentes dont l’application du principe de pollueur-payeur et la diligence d’une enquête.

Toutefois, cette sortie tardive du gouvernement sur les graves violations des règles environnementales par la SEEG suscite des questionnements dans l’opinion: pourquoi avoir attendu 20 ans pour les dénoncer ? Que faisaient la direction générale de l’environnement et l’inspection des services du ministère de l’Eau et de l’énergie? Si la part de responsabilité de Veolia est incontestable, celle de l’Etat gabonais ne mérite-t-elle pas d’être assumée par le gouvernement?

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