Reportage: plongée au coeur du couteau suisse français Le Mistral

Le Porte-hélicoptères amphibie Mistral © GMT

Le lundi 18 février dernier, plusieurs personnalités gabonaises, dont des journalistes, ont été invitées à bord du PHA « Mistral » par Philippe Autié, Ambassadeur, Haut Représentant de la République française au Gabon et le capitaine de vaisseau Vincent Sébastien, commandant le Task Group 451.04 et le Porte-Hélicoptère Amphibie (PHA) « Mistral », pour une démonstration en mer. Reportage.



Départ au port-môle

La délégation des journalistes invités par l’ambassade de France a quitté le port-môle aux environs de 10h00. Accompagnés par une équipe de l’ambassade, nous avons embarqué dans un bateau appartenant à la marine gabonaise pour rejoindre le Mistral aux larges de nos côtes. Puis nous avons profité de la traversée pour en apprendre un peu plus sur notre marine en échangeant avec les marins qui nous conduisaient vers le bâtiment français.

Embarquement sur le Mistral (L9013)

Impressionnant ! C’est le mot qui nous vient immédiatement à l’esprit à la vue du Mistral (L9013), un des fleurons de la Marine nationale française. Imaginez un immeuble de près de 7 étages sur une surface de près de 6 000 mètres carrés. Et là j’exagère à peine. En effet, le PHA Mistral fait 199 mètres de long pour 32 mètres de large, pour une capacité de déplacement de 21 500 tonnes et transporte à son bord un équipage de 177 marins et un état major embarqué, et peut accueillir des troupes de 400  à 900 soldats. Impressionnant, n’est-ce pas ?

Une fois à bord du bâtiment, nous sommes accueilli chaleureusement par une équipe dirigée par le commandant Vincent Sébastien. C’est un aspirant qui nous a fait la visite guidée de cet immense bâtiment.

Le Porte-hélicoptères amphibie (PHA) Mistral est le premier de la Marine nationale française. Anciennement appelé Bâtiment de projection de commandement, le PHA est doté de quatre bâtiments ayant chacun un rôle spécifique à jouer lors de ses missions.

Bâtiment Hélicoptères

Le deuxième, c’est le bâtiment Hélicoptères. Cet outil de commandement et de projection de forces peut, depuis son pont d’envol, déployer une force aéromobile complète constituée d’hélicoptères de combat, destinée à conduire des frappes ou des opérations de surveillance d’un territoire. Ce bâtiment a été construit pour accueillir 16 hélicoptères, le groupe aérien de référence étant formé de 8 Caïmans et 8 hélicoptères d’attaque Tigre. Grâce aux 5 200 m2  de pont d’envol, 6 hélicoptères peuvent décoller simultanément sur 6 spots. Enfin, 1800 m2 de hangar sont reliés au pont d’envol par deux plateformes élévatrices de 13 tonnes.

Bâtiment amphibie

Le premier d’entre eux, c’est le  La capacité amphibie du PHA lui permet, grâce aux engins de débarquement rapides et chalands de transport de matériel, de projeter des troupes et véhicules de la mer vers la terre, mais aussi de mener des opérations de secours aux populations (assistance après un sinistre, etc.). Avec un hangar véhicules d’une superficie de 2650 m2 sur deux ponts, desservi par une rampe intérieure, le bâtiment amphibie peut accueillir soit quatre Chalands de Transport de Matériel (CTM), soit deux Engins de Débarquement Amphibie Rapides (EDA-R) ou deux Landing Craft Air-Cushion (LCAC). Le bâtiment peut également accueillir jusqu’à 450 hommes d’infanterie avec leurs équipements et munitions.

Bâtiment de commandement

Le PHA dispose d’un poste de commandement de niveau opératif. Sa modularité lui permet d’embarquer un état-major et de mettre en œuvre un poste de commandement de forces interarmées pour la conduite d’une opération nationale ou multinationale depuis la mer. Il est capable d’accueillir tout type d’état-major : MCC (Maritime Component, Command)  ou interarmées CATF (Combined Amphibious Task Force); CLF (Combined Landing Force). Sur 850m2 d’espace modulaire et prééquipé, l’ensemble des outils et des moyens de communication nécessaires au commandement moderne d’une force interarmées peut être mis en place.

Bâtiment Hôpital

Le PHA dispose d’un véritable hôpital embarqué et aux normes les plus modernes permettant de faire face à une crise sanitaire de grande envergure (blocs opératoires, salle de traitement des grands brûlés, etc.). Ses capacités correspondent à celles d’un hôpital d’une ville de 10 000 habitants.  Avec ses 750 m2 de pont, il comprend notamment 2 blocs opératoires, 1 salle de radiologie et 69 lits, dont 19 médicalisés. La capacité santé peut être étendue à 100 lits en utilisant le hangar hélicoptères.

Un navire « innovant et polyvalent », d’où sa comparaison au couteau-suisse. C’est un bâtiment admis au service actif le 15 décembre 2006 au Havre, en France, avec pour principales missions la projection de forces, le soutien sanitaire et le commandement.

Commandant Birot, le patrouilleur de haute-mer (PHM)

Un bâtiment aussi immense que le porte-hélicoptères Mistral ne peut se déplacer seul. Il a besoin d’un patrouilleur pour baliser le terrain. C’est là qu’intervient le Commandant Birot. C’est est un patrouilleur de haute-mer (PHM), une unité polyvalente et optimisée qui assure la défense maritime du territoire. Les missions du Commandant Birot sont larges, notamment la lutte anti-sous-marine dans les eaux côtières, la participation à des missions d’embargo, le soutien, la protection et l’entraînement des sous-marins, la défense des approches maritimes et la sauvegarde maritime. Considéré comme de véritables sentinelles, les PHM peuvent assurer ponctuellement des missions de présence, notamment dans le golfe de Guinée, et de soutien de la dissuasion.

Visitex (opération de maintien)

Pendant cette visite du PHA Mistral, nous avons également eu le privilège d’assister à une démonstration « Visitex » ou enquête de pavillon. C’est une opération d’arraisonnement des navires non-identifiés en mer ou près de la côte, dans le but de vérifier s’il n’y a rien de suspect sur le bateau arraisonné. La simulation a été exécutée par une équipe de visite relevant du personnel de la marine gabonaise, formé en infanterie. Ils ont pour missions de lutter contre les trafics en tout genre, la pollution et l’immigration clandestine. Cette opération brillamment exécutée par les éléments gabonais et commentée avec respect par le commandement français est une preuve, s’il en était besoin, de l’excellente coopération militaire franco-gabonaise.

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