Remaniement ministériel: la décennie de la femme reléguée aux oubliettes

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Ministres sortant du gouvernement Nkoghe Bekale © Montage GMT

C’est une onde de choc au sein de la gente féminine gabonaise. Le nouveau gouvernement Julien Nkoghe Bekale II vient de démontrer à la face du monde que la femme gabonaise ne compte pas encore assez. En effet, sur les 29 ministres que compte le nouveau gouvernement, seules 6 femmes ont été nommées, tandis que 7 autres ont été évincées de l’ancien gouvernement. Ce revers pour la femme gabonaise est aux antipodes du discours d’Ali Bongo Ondimba du 19 juillet 2016, lors de la lecture du « Rapport Général de la Consultation nationale de la Décennie de la Femme Gabonaise ». Est-ce un aveu d’échec de la politique d’Ali Bongo Ondimba en faveur de la Femme gabonaise ?



La décennie de la femme n’aura-t-elle plus lieu au Gabon ? C’est en tout cas le sentiment que ressentent les femmes gabonaises à la vue de la liste du gouvernement Julien Nkoghe Bekale II. En effet, sur les 29 membres que compte le nouveau gouvernement, seules six (6) femmes ont été nommées, soit 1/5ème de l’équipe gouvernementale, dont trois à des postes de ministres délégués. Chose curieuse, 7 femmes ministres, dont 4 ministres pleins ont été débarquées de l’ancien gouvernement.

Il s’agit notamment d’Estelle Ondo, ministre de la Famille, de la Décennie de la Femme et de l’Egalité des Chances, de Prisca Koho épouse Nlend, ministre de la Pêche et de la Mer, Marie Rosine Itsana, ministre du Tourisme, Carmen Ndaot, ministre de l’Industrie et de l’Entreprenariat national, Gisèle Akoghet épouse Ntoutoume, ministre délégué auprès du ministre de l’Education nationale, chargé de la Formation civique, Olivia Hagar Nguéma Ondo, ministre délégué auprès du ministre de l’Emploi, de la Jeunesse, de la Formation professionnelle et de la Réinsertion, et Patricia Taye, ministre délégué auprès du ministre d’Etat, ministre de l’Intérieur, de l’Administration du territoire, des Collectivités locales, de la Décentralisation, chargé de la Citoyenneté et de l’Immigration.

Qu’est-ce qui pourrait expliquer un tel revirement ? Lancée en mars 2015, la Décennie de la femme gabonaise semblait avoir pris un tournant important lorsqu’Estelle Ondo, ministre de la Famille et de la Décennie de la Femme et de l’Égalité des chances, avait organisé une séance de travail le 7 février 2019 avec des experts du Système des Nations-Unies, dont les représentants de  de l’Unesco, de l’Unicef et de l’UNFPA. Malheureusement, la suppression de ce département ministériel et la réduction des femmes dans le gouvernement viennent mettre un frein au processus enclenché par les parties prenantes sur ce dossier.

Pour rappel, Ali Bongo Ondimba avait fait sien le combat de l’amélioration des conditions des jeunes et de la femme au Gabon. D’ailleurs, le 19 juillet 2016, il a prononcé un discours à l’occasion de la cérémonie de remise du rapport général de la « Consultation Nationale de la Décennie de la Femme Gabonaise 2015-2025 », au Palais de la Présidence de la République. « Je voudrais donc réaffirmer devant vous, mon engagement à déployer durant les prochaines années que couvre la Décennie de la Femme Gabonaise, une politique prioritaire pour l’amélioration et la transformation profonde de la condition de la Femme Gabonaise sur tous les plans, juridique, politique, économique et social », a-t-il déclaré.

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