Régies financières : la grève comme moyen de chantage?

Alors qu’on pensait la hache de guerre enterrée entre le gouvernement et l’Intersyndicale des Régies financières suite à la signature du protocole d’entente et de trêve sociale d’une durée de 3 ans, le 10 novembre dernier le secrétaire général du Syndicat national des agents de douanes (Snad), Jean Didier Mbatchi Bayonne a appelé à une grève générale illimitée sur toute l’étendue du territoire à compter du lundi 13 novembre prochain, Une position jugée surprenante pour le gouvernement alors que les choses semblaient rentrer dans l’ordre.    

En effet, pour le gouvernement les syndicalistes sont en train de violer le protocole de la Trêve sociale prétextant que les pouvoirs publics refusent de mettre en place le Comité bipartite de suivi de la trêve sociale, une entité censée discuter du mécanisme de gestion des primes, de sortir un arrêté sur la Prime Spécifique d’Incitation à la Performance (PSIP).

Une position jugée fallacieuse puisque «ledit comité a été bel et bien mis en place par un arrêté signé par les trois ministres concernés et cela dans le délai prévu. Il est en théorie en train de travailler puisque l’avant-projet de texte de l’arrêté sur la prime d’incitation à la performance a été communiqué à l’intersyndicale des Régies financières, ce dernier l’ayant même partagé sur les réseaux sociaux»; précise une source proche du ministère.

Il paraît donc logique que les primes du mois d’août, septembre et octobre 2017 soient payées dans les conditions de la réglementation en vigueur, puisque le projet de texte doit être discuté et qu’un arrêté doit être pris pour son entrée en vigueur.  D’ailleurs dans la nouvelle réglementation à venir les critères de performance sont plus que claires : des recettes en hausse, un taux de recouvrement élevé, une meilleure qualité de services aux usagers tels sont les objectifs que devront atteindre les agents afin d’avoir droit à la PSIP.  

«Observer une grève en pleine phase de dialogue, prétextant que les choses n’ont pas évolué, revient à se tirer une balle dans le pied. En effet, ce sont les agents des services qui collectent les recettes fiscales et douanières qui sont en mesure de renflouer la caisse qui servira à payer leur PSIP. Le budget alloué à cette prime n’est donc pas fixe mais varie au gré de la performance de ses percepteurs. Personne n’est performant en cessant le travail. L’intersyndicale est en train de faire baisser elle-même la prime qu’elle va toucher»;  font remarquer les ministres de l’Economie, du Budget et des Hydrocarbures.

Laissez votre avis