Réduction des membres du Sénat : Une décision qui fait jaser

En ouvrant les travaux de la deuxième session du parlement, le lundi 04 septembre, la présidente du Sénat, Lucie Milebou Aubusson, n’a pas caché son inquiétude face à l’application des actes du dialogue, notamment celle relative à la réduction du nombre de sénateurs.

Dès l’entame de son propos, la présidente de la Chambre haute du Parlement a reconnu le caractère exceptionnel, voir historique de la deuxième session ordinaire pour le compte de l’année 2017, qui s’est ouverte le lundi 04 septembre. « La session qui s’ouvre aujourd’hui restera à jamais gravée dans l’histoire de notre nation et en particulier dans celle de notre jeune parlement », a-t-elle exprimé.

En effet, la principale mission échus aux élus du peuple au cours de cette période est de donner une existence juridique aux actes du dialogue politique d’Angondjé, en l’occurrence l’amélioration du processus électoral et «l’inévitable» redécoupage des différents sièges, entre autres. «L’une des recommandations des assises du dialogue d’Angondjé est en effet de réduire le nombre de parlementaires siégeant uniquement au Sénat », souligne la présidente.

Si elle reconnait le rôle indispensable que devra jouer la Chambre haute du Parlement en apportant inéluctablement sa part démocratique à l’ambition collective du Gabon, l’élue de Fougamou pour le compte du parti démocratique gabonais (PDG) affirme toutefois que l’histoire parlementaire est plurielle, à savoir particulière pour chaque nation qui établit ses règles en fonction de son environnement culturel et surtout en fonction de ses choix politiques librement assumés.

«Mais elle ne saurait être travestie par un petit nombre sous le prétexte fallacieux de faire comme d’autres pays, pour des raisons d’économie et non de démocratie. Puisqu’au nom de cette même démocratie, certaines nations qui avaient cru bon de supprimer le Sénat reviennent sur leurs décisions», fait-elle remarquer, avant d’affirmer, par ailleurs que «(…) le Sénat doit conforter son rôle institutionnel de représentant de collectivités (…) nous sommes les élus des élus» 

Une posture qui démontre non seulement le malaise que cause cette attente des acteurs du dialogue d’Angondjé, mais aussi, fait présager de la vigueur des débats des travaux de cette session parlementaire exceptionnelle, en ce que l’institution constitutionnelle est en même temps juge et partie.   

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