Redressement EGCA: 2 milliards détournés par Anicet Mboumbou Miyakou ?

Edgard-Anicet Mboumbou Miyakou © Union Sonapresse

Depuis près de 2 ans, les employés de l’entreprise de logistique pétrolière, EGCA vivent un véritable calvaire. Pour cause, ils seraient pris en étau entre une gestion « calamiteuse » du syndic Athanase Ndoye Loury choisi pour assurer le redressement judiciaire de la société et les incursions curieuses du ministre de la Justice, Garde des Sceaux Edgard Anicet Mboumbou Miyakou et du parquet, qui auraient distrait de manière subtile les fonds destinés au fonctionnement de l’entreprise.



En effet, voilà bientôt deux ans que les employés de ECGA ne savent plus à quel saint se vouer malgré de multiples interpellations auprès des autorités qui semblent aphones face à la précarité à laquelle font face ces hommes et ces femmes, des Gabonais pour la plupart mais aussi des Sénégalais et des Marocains. Mais ce silence s’expliquerait semble-t-il par l’implication pour le moins incompréhensible du ministre de la Justice qui en complicité avec des magistrats affectés au tribunal de Port-Gentil qui useraient de leur position pour détourner allègrement les fonds destinés à l’entreprise.

Selon des documents dont Gabon Media Time a pu obtenir copie, le redressement de l’entreprise nécessitait la mobilisation de près de 4 milliards de Fcfa destiné non seulement au règlement des droits des salariés et à la mise en place d’un plan de continuation de l’exploitation. Deux sources de fonds d’un montant de 2 milliards 750 millions étaient également disponibles depuis décembre 2018 et avaient été réquisitionnées par le parquet auprès de celui qui faisait office de conseiller juridique des entreprise Satram et EGCA l’huissier de justice Bertrand Abessolo.

Une chose bien curieuse puisque dans sa correspondance en date du 02 mai 2019 adressée à Edgard Anicet Mboumbou Miyakou, le syndic rappelle que dans le cadre des procédures collectives d’apurement du passif ni ce dernier encore moins le parquet ne sont habilités à intervenir. Dans le même temps, il avait demandé la restitution des fonds détenus par le parquet de Libreville au sein de la Caisse de dépôt et de consignation et que cette manne soit transférée dans celui destiné au Redressement judiciaire domicilié dans le même établissement financier.

Il semble que cette sollicitation aurait rencontré une réaction du ministre qui s’exécutera en décembre 2018. Mais au lieu que la somme soit versée sur le compte de EGCA, c’est plutôt sur un compte dit des « Fêtes tournantes », géré par le ministre de la Justice que l’argent aurait été déposé. Le dernier épisode c’est le remboursement par tranche de 250 millions de Fcfa et de 750 millions de Fcfa effectué en date du 29 mai sur instruction du fils Mboumbou Miyakou qui démontrerait  dès lors sa culpabilité dans cette affaire.

Pis Athanase Ndoye Loury révèle que le reliquat dans cette malversation en complicité avec le parquet s’eleverait à un milliard huit cent millions de Fcfa,  montant qui devait permettre aux  employés de toucher leur solde de tout compte. Ce nouveau scandale financier, qui cours avec celui de la disparition de 50 millions de F cfa à la Cour d’appel de Libreville, devrait interpeller le Chef de l’Etat Ali Bongo Ondimba qui assure la présidence du Conseil de la magistrature et le premier ministre Julien Nkoghe Bekale patron du service public afin que ce dernier remette de l’ordre dans son gouvernement et dans l’administration qui sembleraient être constitués de délinquants financiers de grande envergure.

Dans un soucis d’équilibre de l’information, la rédaction de Gabon Media Time s’est rapprochée du cabinet du ministre de la Justice et des Droits humain, Garde des sceaux, Edgard Anicet Mboumbou Miyakou, pour une demande d’audience, 48 heures plus tard, nous n’avons toujours pas reçu de réponse de la part de ce dernier. En outre, dans le quotidien L’Union de ce vendredi 7 juin 2019, a-t-on pu lire, dans les annonces légales, la révocation de Maître Athanase Ndoye Loury de sa fonction de syndic du redressement judiciaire d’EGCA SA par jugement commercial à bref délai n°76/2018-2019 en date du 3 juin 2019 du tribunal judiciaire de première instance de Port-Gentil. Une révocation qui pourrait être perçue comme des représailles suite à la publication des correspondances en rapport avec son mandat de syndic judiciaire.

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