Recrutement à la Défense nationale: encore un pied de nez aux mesures d’austérité

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Dans le cadre du renforcement de ses équipes, le ministère de la Défense nationale,  a lancé un avis de recrutement de 10 officiers spécialisés, dont l’échéance est fixée au mardi 21 août 2018, à 17h. Le Gabon n’étant pas en guerre, l’opinion s’interroge sur les raisons d’autant de privilèges, au sein de cette administration qui comptabilise à elle seule plus de 27 000 agents publics. Et qui malgré la hausse de l’insécurité engloutie un peu plus de 30% du budget national sans résultat apparent.

Organisé du 03 au 07 septembre 2018, le concours de la défense permettra, à l’issue de celle-ci de recruter 4 officiers informaticiens, 2 officiers juristes, 2 officiers logisticiens et 2 officiers financiers. Ces derniers bénéficieront par la suite d’une formation d’officiers pendant deux ans à l’école nationale de formation des officiers de Mandilou (dans la province de la Ngounié).

C’est donc au moyen d’un communiqué paru dans le quotidien L’Union que le ministère de la Défense a informé d’un futur recrutement au sein de ses unités. Les conditions pour y postuler sont simples: «être de nationalité gabonaise et âgé(e) de 18 à 26 ans, de bonne moralité et physiquement disposé». Par ailleurs, le dossier constitué d’un acte de naissance légalisé, d’un extrait de casier judiciaire récent et des diplômes attestant de la spécialité choisie, devra accompagner une demande manuscrite de participation au concours, adressée au ministre d’État, ministre de la Défense nationale Étienne Massard Kabinda Makaga.

Toutefois, si les mesures adoptées par le gouvernement le 21 juin dernier visent la réduction des dépenses de l’État, il semblerait qu’une fois de plus celles-ci ne concernent pas la Défense nationale. En effet, premier poste de dépense de l’État, la défense représente plus de 30% du budget.  Déjà exemptée du gel de recrutement sur les 3 prochaines années, les agents des forces de défense sont également exclus de l’opération de mise sous bons de caisse.

Des privilèges qui suscitent l’interrogation, et même l’inquiétude au sein d’une opinion publique qui n’a pas attendu le rapport de l’Institut Gallup, qui classe le Gabon au 4ème rang des pays les plus dangereux au monde, pour se sentir de moins en moins en sécurité. D’autant, plus que dans une période de coupe budgétaire, l’Etat prévoit également de renforcer les capacités de l’armée, par l’acquisition de nouveaux blindés. Pourtant, semblerait-il, les recettes issues des mesures d’austérité serviraient à investir sur le plan social, mais visiblement les préoccupations de l’État sont autres.

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