Raymond Ndong Sima : «l’opposition a échoué»

C’est le constat fait par l’ancien premier ministre et candidat à l’élection présidentielle du 27 août 2016, Raymond Ndong Sima. Pour cette personnalité qui se revendique ni de la majorité représentée par Ali Bongo, ni de l’opposition proche de la Coalition pour la nouvelle République présidée par Jean  Ping, il est nécessaire que chacun de ces camps reconnaissent ses erreurs.

Après avoir fait la genèse de la tenue des élections qui pour lui n’a pas été crédible de bout en bout, il a noter que «le scrutin a débouché sur une impasse». «Au final, nous nous sommes engagés dans une élection dont la préparation a été complètement bâclée et qui ne pouvait que conduire au résultat que nous avons eu. L’élection était pliée avant même d’avoir eu lieu»; a souligné Raymond Ndong Sima.

Face à cette situation de blocage qui a pour incidence de plomber le climat sociopolitique, il a exprimé devant les hommes et femmes de média, la nécessité de revoir les positions de chacune des parties. Il a émis pour ce faire, un certain nombre de propositions afin de sortir  dans  l’impasse dangereuse dans laquelle le pays s’enfonce de plus en plus.

«Le pouvoir en place admette qu’il a essuyé un désaveu majeur. Si les résultats avaient été probants, la contestation n’aurait pas été aussi forte. (…) Les artifices et autres astuces de la CENAP, des autres instances en charge des élections ont permis de garder le pouvoir mais de toute évidence dans un climat de grande défiance»; a t-il martelé.

Par ailleurs, concernant la Coalition pour la nouvelle république autour de Jean Ping, il l’a exhorté à «admettre qu’elle a échoué pour cause de stratégies douteuses à faire triompher une alternance nécessaire». Il a noté que cette stratégie bâclée dès le départ n’a servi qu’à conforter la victoire d’Ali Bongo.

«Il est clair que le faible taux de participation a reflété la faiblesse de l’offre politique, c’est à dire, la faible pertinence des solutions portées par l’opposition pour donner une autre trajectoire au pays. A titre d’illustration, dans les deux provinces de l’Estuaire et de l’Ogooué Maritime qui concentre 52% des électeurs, 47% seulement se sont déplacés pour aller voter»; a t-il laissé entendre.

Enfin,  Raymond Ndong Sima a relevé que pour sortir du statu quo actuel, il était nécessaire qu’un «geste d’apaisement soit fait en libérant les prisonniers détenus pour des raisons politiques».