Rationalité et humanisme pour conduire les affaires publiques

Pr Noël Bertrand Boundzanga, Enseignant-Chercheur à l’UOB, Maître de Conférences, membre du Club 90 © D.R

Comme tous les Gabonais, j’ai suivi la présentation des Vœux de nouvel an d’Ali Bongo. Et je puis dire qu’il ne méritait pas ça, les Gabonais non plus. Personne ne peut subir une telle médiatisation politique internationale si sa dignité humaine s’en trouve trahie.

Je pense qu’en pareille circonstance, le respect de la dignité humaine vaut l’envie effrénée de conserver le pouvoir. Ali Bongo mérite le repos et des traitements médicaux intensifs afin qu’il recouvre la totalité de sa santé physique, mentale et intellectuelle. Pour cela, il doit être tenu à l’écart des affaires publiques, dans l’intérêt de sa santé, de sa famille et de l’Etat gabonais.

J’invite Mme Marie-Madeleine Mborantsuo, présidente de la Cour constitutionnelle, à gérer la parcelle du pouvoir de l’Etat qu’elle détient dans l’intérêt général ; j’invite les militants du PDG et autres barons du régime à regarder l’avenir objectivement ; j’invite les amis du Gabon à faire entendre raison à ceux qui, au Gabon, veulent la conservation du pouvoir à tout prix.

Quant à l’opposition, elle devrait faire son autocritique, soupeser ses forces et ses faiblesses pour voir ce qu’elle est en mesure de proposer et ce qu’elle est capable de faire dans l’intérêt général de la Nation. Il y a sans doute des raisons légitimes de croire à telle ou telle option pour prendre le pouvoir, mais la seule qui vaille vraiment, dans les circonstances gabonaises, est celle qui fonctionne dans l’unité du plus grand nombre d’organisations et du plus grand nombre d’acteurs stratégiques.

Quant aux populations, il leur faut plus d’engagement citoyen ; moins d’indifférence, moins de résignation et d’abandon. Il faut croire en notre pays ; il leur faut plus d’ardeur. Les jeunes, où êtes-vous donc ? Quand les pères et les mères ne peuvent plus, les jeunes doivent prendre la relève. Ma démarche s’inscrit aussi dans cette logique. Nos aînés ont réussi certaines choses, mais ils ont globalement échoué. Nous avons cependant besoin de leur soutien. Ils avaient peut-être de la volonté, mais ça n’a pas vraiment marché. Maintenant les choses vont si mal.

J’ai 42 ans et le spectacle actuel du pays me ruine au plus haut point. Beaucoup d’acteurs politiques de ce pays et de citoyens ont fait de hautes études, beaucoup ont une riche expérience des affaires dans les domaines public et privé, beaucoup de Gabonais manifestent de la volonté pour bâtir notre pays. Ils veulent travailler.

Nous sommes à peine 1 800 000 Gabonais. Pourquoi sommes-nous incapables de nous entendre et de bien gérer notre pays ? Nous avons la chance d’avoir des richesses naturelles importantes, nous avons donc de quoi financer le développement de notre pays et assurer la prospérité sociale de tous les ménages gabonais. Pourquoi agissons-nous comme si la moisson était trop petite et les bénéficiaires trop nombreux ?

Il y a une aube nouvelle qui se lève, à nous de la porter.

Nous avons tant à faire ensemble ! Rejoignez-nous !

Meilleurs Vœux à Tous !

Pr Noël Bertrand Boundzanga

Laissez votre commentaire