Rapport MOE-UE : Les pistes de sortie de crise de Séraphin Moundounga

Dans une déclaration portant sur le rapport de la Mission d’Observation de l’Union Européenne, l’ancien vice-Premier ministre Séraphin Moundounga énonce ce qui apparaît comme des pistes de sortie de crise.

Pour lui, le rapport de la Mission d’Observation de l’Union Européenne, « vient de confirmer ce que le peuple gabonais tout entier et tous les épris de démocratie, de liberté et de paix ne cessent de clamer partout dans le monde».

Nous vous publions in-extenso l’intégralité du propos du Dr Séraphin Moundounga Président de l’ONG Unité.

Le rapport de la Mission d’Observation de l’Union Européenne vient de confirmer ce que le peuple gabonais tout entier et tous les épris de démocratie, de liberté et de paix ne cessent de clamer partout dans le monde.

Il revient maintenant aux Gabonaises et Gabonais ainsi qu’aux amis des peuples opprimés, de demander des sanctions et la pression internationales, en appui de la lutte intérieure, à l’effet d’obtenir soit:

– une reprise partielle du scrutin dans la province du Haut-Ogooué et dans le 2ème arrondissement de la commune de Libreville;

– une annulation des résultats de ces circonscriptions querellées pour constater que c’est bien Jean Ping qui est élu puis tirer les conséquences y relatives;

– une reprise totale de tout le scrutin par une nouvelle élection présidentielle sous supervision (non plus simple observation) et protection internationales, dans le cadre d’une transition aux conditions, durée et modalités à définir.

Sinon, il faudra se résigner face au forfait qu’il faudra alors accepter comme un « fait accompli ».

Dans tous les cas, tout dépend de nous tous et de chacun de nous car seule la détermination, intense et sans relâche, de l’ensemble du peuple souverain amènera la Communauté Internationale à aider les Gabonaises et les Gabonais à renouveler leur confiance aux institutions gabonaises désormais totalement mises à nue et disqualifiées davantage grâce à ce rapport qui confirme que:

– les résultats de huit (8) provinces sur neuf (9) donnent Jean Ping vainqueur avec près de soixante pour cent (60%) et Ali Bongo loin derrière avec à peine trente-huit pour cent (38%);

– la fraude tentée pour favoriser Ali Bongo dans la province de la Ngounié a été démasquée et corrigée grâce à un soulèvement populaire (ayant mis le Gouverneur et le Président de la Commission Provinciale Électorale dos au mur publiquement);

– sur huit (8) provinces, Jean Ping remporte massivement six (6) dont les deux (2) capitales Libreville (1/3 de la population) et Port-Gentil (capitale économique), alors que Ali Bongo ne gagne péniblement que dans deux (2) provinces, l’Ogooué-Ivindo (en raison de l’affaire du minerai de fer de Belinga) et dans l’Ogooué-Lolo (mais sans la capitale provinciale Koulamoutou);

– dans la province du Haut-Ogooué, les abstentions et bulletins blancs ou nuls constatés par les observateurs, rien que dans une Commission Départementale Électorale, sur quinze (15) commissions de cette province, sont supérieurs aux abstentions minorées et publiées par le Ministre de l’Intérieur et la CENAP, le 31 août 2016, pour l’ensemble de la province, confirmant la véracité du résultat frauduleux de la province du Haut-Ogooué;

– ni la CENAP, ni la Cour Constitutionnelle n’ont accepté la confrontation des procès-verbaux (pv);

– la Cour Constitutionnelle a fait pire en ne prenant en compte que les seules allégations reconventionnelles de Ali Bongo pour annuler, sans reprise partielle du vote, les résultats de vingt-un (21) bureaux de vote du 2ème arrondissement de la commune de Libreville ;

– la Cour Constitutionnelle a proclamé les résultats sans rectifier les anomalies pourtant évidentes et qu’elle a persisté, en dépit d’un recours en révision qu’elle préféré rejeter;

– la procédure contentieuse a été opaque et sans présence des représentants des parties en conflit ni des observateurs qui ont été refusés d’accès en violation du Protocole d’Accord signé notamment avec l’UE;

– les observateurs de l’UE ont été menacés, intimidés par le pouvoir et même victimes d’actes portant atteinte à leur intégrité et objectivité pourtant internationalement reconnues.”

Laissez votre avis