Que cachent les nombreuses mesures économiques prises par le gouvernement?

Au fur et à mesure que les semaines passent, l’économie gabonaise semble s’engluer dans une crise multiforme, qui au demeurant contraint le gouvernement à chercher des solutions pour y faire face. Bien que les autorités gabonaises se complaisent dans le discours du « tout va bien », les mesures prises depuis la formation du gouvernement d’Emmanuel Issoze Ngondet laisse penser que le pays est en quête permanent de finances.

L’élargissement de l’assiette fiscale

L’une des premières mesures prise par le gouvernement, et annoncée par le ministre de l’Economie, Régis Immongault, était l’élargissement de l’assiette fiscale, qui comprenait la fiscalisation du secteur informel la fiscalisation du patrimoine immobilier et foncier. Celle-ci visait entre autre, selon le ministre, à redynamiser et rendre plus efficace le système de recouvrement fiscal auprès des opérateurs économiques, mais aussi des contribuables.

Cette mesure, nous le soulignions déjà il y a quelques semaines, portait en elle, le risque de voir les entreprises subir des nouvelles pressions fiscales, à l’heure où certaines d’entre elles connaissent un ralentissement de leurs activités.

Les réajustements des contributions fiscales

Au-delà de l’élargissement de l’assiette fiscale, des réajustements des contributions fiscales des entreprises ont été fixé au titre du projet de Loi de Finance 2017. Ainsi selon la Confédération patronale gabonaise (CPG), qui s’en inquiétait d’ailleurs dans une circulaire adressée aux chefs d’entreprise, le gouvernement a décidé d’un réaménagement de certaines contributions fiscales, en l’occurrence, « la taxe forfaitaire d’habitation ».

En outre, il est désormais instauré une Contribution à la formation professionnelle et une Contribution spéciale de solidarité qui vient de ce fait supprimer la Redevance obligatoire à l’assurance maladie (ROAM). Dans sa correspondance, la CPG n’a pas manqué de juger ces mesures « répressives », ce qui dénote indubitablement de la pression dont font l’objet les entreprises actuellement.

Fixation de nouveaux taux de cotisations à la CNAMGS

L’autre mesure qui risque de provoquer une nouvelle fois une levée de bouclier des partenaires sociaux, c’est l’annonce faite par le gouvernement lors du conseil des ministres du 14 décembre dernier, de fixer de nouveaux taux de cotisations des travailleurs des secteurs public, privé et parapublic au Régime Obligatoire d’Assurance Maladie et de Garantie Sociale. Alors que ces taux de prélèvement avaient déjà fait l’objet d’un réajustement l’an dernier, le gouvernement vient de décider de les augmenter à nouveau.

De ce fait ils sont désormais fixés ainsi qu’il suit : pour le secteur public : 5 % à la charge de l’Etat employeur ; 2,5 % à la charge de l’agent en activité ; 1 % à la charge du retraité. En outre, pour les secteurs privé et parapublic, 4,1 % à la charge de l’Etat employeur ; 2 % à la charge de l’agent en activité ; 1 % à la charge du retraité.

Au vu de toute ces mesures, il y a lieu de se questionner sur les raisons de ces réajustements tout azimut, qui de manière évidente viendront fragiliser, non seulement le tissu économique des contribuables gabonais, mais aussi opérer une véritable pression sur les entreprises. Et il faut craindre que ces dernières prennent des mesures pour alléger leurs charges, notamment par le recours à des licenciements économiques. Il serait judicieux que le gouvernement apporte des réponses claires à ces mesures, qui au demeurant ne font pas l’unanimité.

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