Procès Blaise Wada: s’achemine t-on vers une requalification des accusations ?

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Démarré le 15 mars dernier, le procès Ministère Public-Etat Gabonais contre Blaise Wada, s’est poursuivi ce jeudi 19 avril 2018 devant la Cour criminelle spéciale (CCS) au palais de Justice de Libreville. Le rendu de la décision qui était attendue ce jour, n’a finalement pas eu lieu, l’accusé devra donc attendre le jeudi 26 avril 2018 prochain pour être fixé sur son sort avec la probabilité d’une requalification des accusations.

A la 7ème audiences, des doutes sur la preuve des accusation de détournement de fonds publics qui fondent le procès Ministère Public-Etat Gabonais contre l’ancien responsable de l’Unité de coordination de l’étude et des travaux (UCET) commencent à devenir de plus en plus préssentes.  Ainsi, à la place des plaidoiries des avocats, des réquisitions du parquet général et du rendu de la décision, la Cour s’est contentée d’examiner les pièces comptables de cette administration qui était dirigée par Blaise Wada. Surprenant !

Après examen des pièces comptables, il en ressort que l’accusé était l’ordonnateur de crédit et c’est dans ce cadre qu’il donnait l’ordre de paiement au comptable Luther Abouna. Les signatures des deux agents étaient dès lors requises pour le règlement des factures. La CCS a ainsi retenue, que l’UCET a reçu de 2011 à 2016 près de 2, 8 milliards pour la réalisation des travaux de trois des bassins versant de la capitale, cet argent a servi à régler les dépenses de fonctionnement de l’organisme et les charges qui n’avaient rien à voir ni avec l’UCET ni avec ses missions.

La SCI Bakoussou propriété de l’accusé aurait ainsi beneficier d’un marché de 74,5 millions de Fcfa. Des faits que Blaise Wada a reconnu estimant avoir fauté et fait «confiance à la justice de son pays». Des éléments qui, pour le conseil de ce dernier sont loin d’être des preuves accablantes de détournement de 1,765 milliard de Fcfa retenus contre son client.

Le même conseil c’est d’ailleurs étonné de ce que seul Blaise Wada se retrouve en prison pendant que Luther Abouna est libre alors que les deux étaient signataires des chèques. Comment expliquer que le comptable, cosignataire de l’ordonnateur ne soit pas poursuit en qualité de complice pour son aide, son assistance et son indéniable implication dans lesdits détournements de fonds? «Ce procès est politique, Wada est victime d’un règlement de compte parce qu’il fait de la politique», a fait constater le conseil de l’accusé.

Le sérieux de ce procès est une fois de plus remis en cause, outre le retard dans la réception des pièces comptables de la direction financière de l’UCET, et le manque de preuve palpable dans l’accusation de détournement, l’opinion se demande si on ne s’achemine pas vers une requalification de l’objet des poursuites. Rendez-vous est donc pris pour le jeudi 26 avril prochain pour en savoir plus. Nous y reviendrons.