Pourquoi, une telle infamie?

Arthur N'doungou, Commissaire National à l’Union Nationale © D.R

« O rage ! O désespoir ! O colère ! N’ai-je donc tant vécu que pour telle infamie ? » L’homme Gabonais est-il devenu de glace aux vérités et de feu pour les mensonges ? 



Oui, le vrai problème du mensonge n’est pas d’être immoral, c’est qu’il imprime dans la mémoire une trace moins forte que la vérité. Je ne crois donc pas qu’à aucune époque le mensonge ait été utile à la vie et au bien-être social. Je le croirais, que je n’irais pas encore jusqu’à en conclure qu’à aucune époque l’institution du mensonge édifiée en mensonge d’Etat ait été bonne et légitime. Je n’admettrai point qu’un acte injuste, immoral, attentatoire aux droits les plus sacrés de notre peuple et notre nation, puisse jamais se justifier par une raison d’utilité. Ce serait admettre la maxime que la fin justifie les moyens, et c’est une maxime que j’ai toujours détestée, et que je détesterai toujours et encore.

Mais pourquoi ? Qu’on l’ait aimé ou pas, qu’il ait été voté ou pas, il est le Président du Gabon, alors pourquoi l’exhiber, l’exposer comme le font nos gouvernants dont l’existence au sein de ces diverses instances sont de son fait ? Etait-ce donc ça, ce que vous deviez attendre de sa maladie, après l’avoir aimé, soutenu jusqu’à répandre le sang pour lui ? Sont-ils de notre pays et de nos institutions ceux qui s’adonnent à ce cynisme ? Avons-nous en partage les mêmes valeurs républicaines et traditionnelles bantous ? Eût-il encore réellement une famille pour autoriser ça, que je peine à désigner, qui l’aime, le vénère et le voudrait honorer de tous en ces instants pénibles de convalescence qui se voudraient d’accompagnement ? Eut-il encore des amis qui juraient en son nom ?

“Quel cynisme de vendre son âme et de sacrifier autrui pour obtenir une fausse gloire, un avenir ou encore quelque sale argent.” Finalement de tous ceux qui s’empressent auprès des grands et qui leur font la cour, un petit nombre les honore dans le cœur, un grand nombre les recherche par des vues d’ambition et d’intérêt, un plus grand nombre par une ridicule vanité ou par une sotte impatience de se faire voir, l’AVC du Président en est à se résumer à cela malheureusement.

Il y a longtemps que notre nation a perdu toute conscience. Ces gens qui l’administrent hélas ne savent pas ce qu’est la morale encore moins le patriotisme. Ils ne s’efforcent pas de mettre fin à un mal parce que c’est un mal, ou parce que c’est illégal, ou parce que c’est immoral ; ils n’y mettent fin que si cela constitue une menace pour leur existence. Vous perdez donc votre temps à en appeler à la vacance et à la conscience morale de ces faillis gouvernants et pourtant, la théorie de vampirisation de la vacance (article 13) finement orchestrée le samedi 23 mars 2019 a du plomb dans l’aile, sa précipitation étant accompagnée de l’erreur et du repentir. Cela confirme à tout juste titre ce que me disait la semaine écoulée un ami à ce sujet : « n’affirme jamais rien avec entêtement, si bientôt tu ne veux être convaincu d’erreur ».

Maintenant nous savons que l’infamie des méthodes se multiplie dans l’infamie des résultats. Si l’on se mettait à se dire tout haut les vérités, ce gouvernement et ses institutions ne tiendraient pas un seul instant ; ils crouleraient de fond en comble avec un épouvantable fracas comme le temple des Philistins sous les bras de Samson et pour preuve :

La juxtaposition des photos et vidéos du 23 du départ du Président du Maroc à son arrivée au Gabon allèguent de son équivocité. ce que confirmerait la thèse selon laquelle à l’instant de son apparition, aucun avion n’eût atterri, le film marocain confirmant ainsi l’avant-plan.

  • Pour quelqu’un qui se savait perclus d’un côté comme le montre la vidéo marocaine, le voilà à lever les deux bras, comble de malheur, trop tard c’est vu, le voilà encore à se servir du fameux bras droit avec énergie comme le montrent les audiences deux jours après son arrivée.
  • Gabonreview y fait des révélations accablantes dans ses publications Pourquoi cache-t-on le président de la République ? – Retour du Président de la République : Recentrage du débat. – Pourquoi 33 ministres ont-ils été marginalisés de l’arrivée d’Ali Bongo ?
  • Et Gabonmediatime de renchérir : Gabon : des émissaires de Sassou Nguesso auprès d’Ali Bongo reçus par NKoghe Bekale.
  • Et d’autres publications allant dans le même sens inondent la toile
  • Même si ces vidéos semblent avoir été coupées, découpées, rafistolées, arrangées et remontées, elles sont non seulement mal agencées mais il y subsiste comme souvent d’ailleurs des erreurs grossières, exemple “il y a une porte là, on peut y aller ? ou « y a une pente… » alors que pouvons-nous déduire à travers de tels propos, que son AVC de type sévère lui aurait causé de graves lésions irréversibles du nerf optique ou une dégénérescence maculaire liée à la rétinopathie diabétique par exemple?

Autant de questions dont les réponses demeurent à ce jour entortillées, invisibles.

Plus s’affinent mes perceptions de ce qui s’active en moi, et plus les mots me paraissent inaptes face à cette image peu noble, d’un malade peu ordinaire parce que Président de la République auquel l’adjectif grabataire renvoie ; autant le substantif est beau, autant l’adjectif est laid, cette adjectivation témoigne de sa souffrance mais également de la nôtre à tous malheureusement parce que administré par lui d’une part et, parce que par compassion d’autre part.

La preuve par l’image à travers les vidéos cumulées du Maroc et de Libreville donne dorénavant à l’image le statut d’argument visuel irréfutable de l’incapacité du Président à assumer sa charge, tel est l’enseignement de ce samedi 23 mars 2019 car le modus operandi choisi pour clore le débat de la vacance n’a fait que le conforter et l’amplifier, à vouloir trop hâter les choses.

Toutes les chutes appellent la compassion et le pardon, le peuple vous le concède mais de grâce, gardez-vous de frémir à la vue des épreuves que nous envoient les dieux comme pour aiguillonner nos âmes. L’adversité est l’occasion de la vertu, alors clamer non plus la vacance parce que forclos par son retour mais plutôt l’empêchement définitif. La situation dans laquelle se trouve Ali, de n’être plus en mesure d’accomplir les tâches de sa fonction, expose à l’empêchement le détenteur de la charge de Président de la République. Même si la constitution ne précise pas quelles sont les hypothèses où l’empêchement peut intervenir, logiquement, on peut y répondre simplement qu’il s’agirait de toute cause incompatible avec la poursuite de la fonction : une déchéance physique grave et irréversible par exemple.

En pratique, par quelque bout qu’on le prenne,  le champ d’intervention de la Cour Constitutionnelle s’en trouve vraisemblablement réduit sauf à y mettre en place comme le suggèrent les partis de l’opposition, dynamique unitaire, agir des 10 et d’autres encore, un collège de médecins à parité entre les deux blocs majorité et opposition pour une expertise médicale de l’intéressé, seule condition sine qanun pour clore définitivement ce débat devenu embarrassant.

Arthur N’doungou,

Citoyen gabonais et cadre de l’Union nationale.

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