vendredi,30 octobre 2020
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Pour une année universitaire 2020-2021 Blanche à l’Université Omar Bongo

C’est par le biais d’une tribune parvenue à la rédaction de Gabon Media Time que le président du Syndicat national des enseignants-chercheurs section Université Omar Bongo (SNEC-UOB)  Mathurin Ovono Ebe, a tenu à édifier une fois de plus l’opinion sur l’appel fait au gouvernement pour la déclaration de l’année blanche. Une demande justifiée selon le responsable syndical par les manquements observés dans le dispositif mis en place par les autorités rectorales pour la reprise des cours au sein de cette université. Ci-dessous l’intégralité de ladite tribune. 

« Notre propos vise à exposer les raisons qui sous-tendent notre invitation à ne pas ouvrir une année académique 2020-2021. Mais avant d’y arriver, nous nous sentons dans l’obligation de rappeler ce qui motive notre mot d’ordre de non-reprise des activités pédagogiques pour le compte de l’année académique 2019-2020.

Au sujet du mot d’ordre de non-reprise des activités pédagogiques pour le compte de l’année académique 2019-2020, nous rappelons que celles-ci ont été suspendues à l’Université Omar Bongo le 12 mars 2020. L’Arrêté ministériel du 21 mars 2020 qui a fait suite à cette suspension, est venu confirmer le confinement dans le secteur de l’Enseignement Supérieur, conformément aux mesures gouvernementales prises face à la pandémie du Coronavirus.

Plus tard, l’Arrêté n° 0055/PM/MEFPTFPDS du 30 avril 2020, fixant les modalités dérogatoires du travail dans les services publics non essentiels pendant la période de l’état d’urgence lié au COVID 19, est venu mieux structurer les alentours de cette suspension. Nous indiquons, de nouveau, les dispositions des articles 5 et 6, qui courent encore au moment de la présente intervention :

Article 5 : Pendant la période de l’état d’urgence, les responsables d’administration doivent prendre les mesures suivantes :

Veiller à la limitation des flux de personnels ;

Respecter le nombre maximum de personnes sur les lieux de travail, et, à cet effet, recourir au télétravail, au travail en rotation ou en alternance, afin d’éviter le sureffectif ;

Faire respecter le port obligatoire du masque par l’ensemble des agents ;

Mettre en application toutes les mesures de prévention et de protection sur les lieux de travail par la mise à la disposition de thermoflashs, gels hydroalcooliques à l’entrée des bureaux, de salles d’eau équipées, des notes d’information affichées sur le respect des gestes barrières et de distanciation sociale en milieu professionnel.

En outre, les responsables d’administration sont également tenus de respecter toutes les interdictions édictées par le Gouvernement pour la lutte contre la pandémie, notamment :

L’interdiction de manifestations publiques ;

La tenue de réunion de plus de dix personnes ;

Le respect de la distanciation sociale lors des réunions n’excédant pas dix personnes.

Article 6 : Les responsables d’administration sont tenus de veiller au strict respect des dispositions prévues par le présent arrêté sous peine d’engager leur responsabilité civile et pénale en cas de constatation de non-respect par leurs agents desdites mesures ».

L’état d’urgence n’étant pas encore levé, et notre service public étant jugé non-essentiel, nous nous demandons ce qui motiverait la reprise de nos activités pédagogiques. Les cours repris pour le compte des semestres 1, 3 et 5 de l’année académique 2019-2020 au Département de Psychologie et à la Faculté de Droit et Sciences Economiques (FDSE) le 14 août 2020, en bravant les dispositions de l’Arrêté N° 0055, sus-cité, nous étonnent donc, en même temps qu’ils nous inquiètent relativement à la constitution du « Foyer de contamination » que nous craignons sur ce campus.

En outre, l’administration décanale nous invitant ardemment au « Bricolage » comme « concept dynamique des sciences humaines ; promu par Levi Strauss puis Paul Ricoeur », nous voulons nous rappeler la Note N° 0294/UOB/R/FLSH/D du 04 mai 2020, par laquelle le Doyen de la Faculté des Lettres et Sciences Humaines (FLSH) a envisagé la reprise par la compensation du « temps pédagogique perdu par la suspension des cours relative à la crise sanitaire du Covid-19 ». Il a, à cet effet, invité les enseignants de son établissement à mettre à « disposition dans les meilleurs délais, sur les forums d’étudiants, une version de fascicule dite ‘‘augmentée’’ ». Les désormais dénommés « ‘‘Directeurs de Départements’’, en étroite collaboration avec les Responsables d’Équipes Pédagogiques » avaient été instruits de rendre disponible la version papier desdits fascicules « pour prendre en compte ceux des étudiants ne disposant pas de smartphones ». Le Doyen indiquait d’ailleurs, attacher « du prix à l’observation diligente de ces orientations, qui feront l’objet d’un suivi et d’une évaluation périodiques ». 

Rendu à ce jour, le Snec-UOB serait honoré d’avoir connaissance du suivi et de l’évaluation qui ont été faits de ces orientations (la ‘‘Politique des petits pas académiques’’), dont l’observance, avec le recours au E. learning, auraient pu constituer une avancée non-négligeable vers la validation de l’année académique 2019-2020. En lieu et place (là aussi au mépris des dispositions de l’Arrêté N° 0055, sus-cité, et du ‘‘Foyer de contamination que nous craignons), le Décanat de la FLSH nous a servi la Note N° 401/UOB/R/FLSH/D du 14 septembre 2020, fixant le Calendrier réaménagé des activités pédagogiques de l’année académique 2019-2020.

Par ailleurs, l’apurement de la dette des vacations (heures supplémentaires, encadrements et jurys de soutenance) semble ne pas être une préoccupation des autorités universitaires à ce jour.

L’on nous rappelle (à raison) que nous sommes un Partenaire social, et nous reproche de n’avoir adressé jusque-là, « le moindre recueil de propositions qui résulteraient de la réflexion et participation syndicale ». En retour, nous voulons inviter à notre considération « en tant que partie dans les accords, les négociations » en vue de la construction de notre maison commune qu’est l’Université Omar BONGO. 

Le Snec-UOB, en Partenaire social et fort de tout ce qui précède, n’est donc pas favorable à la reprise des activités pédagogiques de l’année académique 2019-2020, sous le format qui est envisagé par le Décanat de la FLSH, et se tient à la disposition de celui-ci et du reste des autorités académiques, pour en débattre en vue de solutions viables.

Au sujet de l’année académique 2020-2021 comme Blanche, nous faisons d’abord observer, pour mémoire, que les années académiques 2002-2003 à 2005-2006 sont réputées avoir été des années heureuses pour le fonctionnement de l’Université Omar BONGO, sous sa forme actuelle. Elle le doit à l’annulation de l’année académique 2001-2002, décidée par le Gouvernement. Il y a donc là, les effets d’un ‘’arrêt’’, qu’il n’est pas utile de rappeler ici, tant la mémoire collective en a été marquée. Une année invalidée ou blanche, ne serait donc pas une première pour l’UOB.

Le Calendrier réaménagé des activités pédagogiques de l’année académique 2019-2020, fixé par le Doyen de la FLSH, montre que celle-ci prendrait fin le 30 janvier 2021 et que 2020-2021 pourrait débuter le 15 février 2021. Tout ceci nous semble peu réaliste.

L’année académique 2019-2020 se déclinera ainsi qu’il suit : 

Semestre 7 et 9 :

« 3 semaines de cours uniquement pour les Masters du département de Psychologie » ;

« 5 semaines de cours, contrôles continus et examens pour les Masters » ;

Semestre 1, 3 et 5 :

« 6 semaines de cours, de contrôles continus et examens pour tous les niveaux Licences » ;

Semestre 2, 4, 6, 8 et 10 :

« 6 semaines de cours et de contrôles continus pour tous les niveaux Licences et Masters » du « Mardi 1er Décembre 2020 au samedi 09 janvier 2021 ;

« 3 semaines d’examens de rattrapage et délibérations », du « lundi 11 janvier au samedi 30 janvier 2021 ».

Il s’agit pour nous, d’un calendrier peu cohérent et inégalement réparti temporellement, soutenu par une administration dont les pratiques sont proches de ce que l’on désigne trivialement par le ‘‘social’’. Nous le relevons au travers de la Note 413/UOB/R/FLSH/D du 22 septembre 2020, par laquelle le Doyen de la FLSH décide, « à titre exceptionnel, du rachat de tout étudiant en situation de passage conditionnel, et n’accusant qu’un déficit d’une seule UE ». Un calendrier de cette nature et le contenu de la Note que nous indiquons, ci-dessus, ne sauraient garantir l’assurance d’une formation décente, couronnée par des diplômes fiables, respectables.

Un calendrier peu cohérent et inégalement réparti dans le temps aussi, eu égard au fait que, si l’année 2019-2020 a débuté le 27 janvier 2020 et que l’année 2020-2021 pourrait débuter elle, le 15 février 2021, rien ne garantit le début de l’année 2021-2022 en octobre ou novembre 2021, pour enfin, retrouver les standards calendaires internationaux. Nous avons besoin de ces standards calendaires pour compter dans le concert des universités du monde.

Le Snec-UOB pense donc que, plutôt que poursuivre avec ce qu’il appelle des « Années Validées Blanches (AVB) », comme c’est le cas depuis plusieurs années, il serait de bon aloi de marquer une pause, en convenant d’observer ce qu’il propose d’appeler une « Année Blanche Validée (ABV) » à l’Université Omar Bongo. Nous pensons, en effet, que Les AVB causent plus de torts à la jeunesse estudiantine gabonaise qu’une seule ABV. Les AVB faisant de l’Université Omar Bongo une fabrique de produits dégoûtants dans des emballages de belle allure, elles sont un véritable obstacle à l’exécution des programmes semestriels et annuels. Il serait bon d’y mettre un terme, non pas pour démissionner, mais pour construire l’avenir souhaité radieux de notre UOB.

La complainte de Maître Paulette Oyane Ondo nous a interpellé. Nous voulons être des « Intelligents » et non des « Intellectuels ». Nous voulons comprendre le fonctionnement de notre environnement pour le maîtriser et ensuite agir. C’est pour cela que nous recourons au poème « Ézélé » de Pierre Claver Akendengué, dans l’album Éséringila. Le poète adresse cette invite forte : « Arrête-toi un moment ! » Ainsi, si nous avons « bricolé » jusqu’à présent, arrêtons-nous un moment, nous, les combattants pour la formation des hommes et femmes de demain ! Cet arrêt nous conduira indubitablement vers la victoire d’un Enseignement universitaire réussi et reconnu.  

L’année universitaire 2020-2021 déclarée « Blanche », nous aidera probablement à construire et réaliser cette victoire, notamment, par :

La sécurisation du campus universitaire, avec l’édification d’une barrière de 3 mètres de hauteur et un contrôle mieux structuré de toutes les entrées. Nous pensons que l’édification de cette barrière peut être réalisée par le Génie militaire (très onéreux) ou par le Génie civil (moins onéreux) estudiantin de l’USTM, de l’ENSET ou scolaire du Lycée Technique National Omar Bongo. Suivra la mise en place d’une Police universitaire dont les modalités de création devraient être mises à l’étude dans les délais les plus brefs. La création de la Police universitaire succédera aux opérations de déguerpissement par la Gendarmerie nationale, des délinquants qui squattent le campus ; 

La construction de résidences universitaires et la réouverture du restaurant universitaire ; 

L’augmentation des capacités d’accueil de l’université en menant à terme les travaux de réhabilitation de l’existant et la construction de nouveaux amphithéâtres et salles de classes, tel que promis par le Gouvernement en octobre 2019. Il est de notoriété publique que les capacités d’accueil de l’Université Omar Bongo ont alimenté les cahiers de charges des différents syndicats depuis ces dix dernières années, sans rencontrer le bon accueil des Pouvoirs publics ; 

La rupture de la fracture numérique pour une meilleure acquisition et application du E-learning. Celui-ci ne saurait seulement être une solution consécutive à la Covid-19, mais un outil didactico-pédagogique nécessaire, rendus que nous sommes, au XXIème siècle. En effet, la modernisation du service public est une des préoccupations, sinon un des objectifs du Gouvernement depuis de nombreuses années. Mais cet objectif, s’il est atteint, est à géométrie variable. Car, s’il est de l’ordre des possibles d’entrevoir une esquisse de modernisation dans certains secteurs, ce n’est nullement le cas dans d’autres. A l’Université Omar Bongo, il serait un leurre de parler de modernisation de nos jours, surtout lorsque celle-ci rime avec informatisation ou numérisation. En clair, l’Université Omar Bongo fait partie des secteurs les plus touchés par la fracture numérique. Un véritable paradoxe ;

Le toilettage les textes fixant l’organisation et le fonctionnement de l’UOB. Ceux en cours ne cadrent plus avec les exigences du moment, parce que frappés de caducité et d’obsolescence ; 

L’organisation semestriellement de Conseils d’Établissements, gages d’un bon suivi des programmes, offres de formation et du respect du temps pédagogique maximal du régime LMD, à savoir, 16 semaines par semestre (13 semaines de cours et 3 semaines d’examens de rattrapage) ; 

La mise en place d’une Offre Semestrielle de Services (OSS) en vue de réguler les heures supplémentaires ;

La régularisation de toutes les situations administratives ;

La mise en place d’un terminal à la solde, à l’exemple de la Magistrature et les Forces de Défense et de Sécurité pour la codification au moyen de l’Attestation d’inscription au diverses Listes d’Aptitude du CAMES, pour parvenir à « zéro (0) retard de reclassement », et mettre ainsi fin aux aberrations telles que des gradés percevant des salaires des grades inférieurs. Cela contribuerait ainsi à la réduction de la dette intérieure de l’État par un rappel zéro ;

La tenue des états généraux de l’Université Omar Bongo incluant tous ses acteurs à partir du 1er février 2021. Les conclusions et recommandations de ces états généraux devront faire l’objet d’un Conseil National de l’Enseignement Supérieur en application des articles 20 et 30 de la loi 21/2000 du 10 janvier 2001, déterminant les principes fondamentaux de l’Enseignement Supérieur en République Gabonaise.

L’observance de tous les aspects exposés, ci-dessus, pourraient, de notre point de vue, assurer une rentrée universitaire 2021-2022 (en octobre 2021) dépouillée de toute velléité de perturbation, pour un envol durable et certain de l’UOB vers des horizons qui feront sa fierté.  

Mathurin OVONO EBE, Maître de Conférences (CAMES)

Président du SNEC-UOB  »

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