Plainte contre Ali Bongo / Nicolas Nguema : «Notre démarche vise à interpeller le pouvoir judiciaire»

Nicolas Nguema © D.R

Le 19 janvier 2018 dernier, par une plainte déposée au cabinet du procureur général près la Cour de Cassation, Marie Mbanza Bagny, en qualité de procureur général près la Haute Cour de Justice, Nicolas Nguema a sollicité la mise en accusation d’Ali Bongo pour haute trahison. Avant de s’envoler pour Paris, le plaignant a confié à Gabon Media Time, le bienfondé de sa procédure.

Quel est le bienfondé de cette nouvelle saisine que vous introduisez aujourd’hui contre Ali Bongo devant la Haute Cour de Justice ?

Cette saisine repose sur des faits bien précis et avérés. En l’occurrence l’attaque savamment préparée contre des citoyens gabonais, partisans du changement et épris de liberté et de justice. Des gabonais désarmés ont été pris en chasse dans la nuit du 31 août au premier septembre 2016 au Quartier général de Jean Ping. Cette attaque d’une rare violence a entraîné la mort de plusieurs compatriotes et la détention arbitraire de plusieurs autres. Nombreux parmi sont encore détenus à ce jour jusqu’à ce jour dans des conditions dégradantes sans que le pouvoir établi ne puisse justifier d’éléments suffisants à charge contre ces gabonais.

D’autres avant vous ont saisi le Haute Cour de justice, notamment le président de l’US, Jean de Dieu Moukagni Iwangou sans que le procureur général ne donne suite du fait, notamment que la juridiction n’est pas composée. Pensez-vous que cette fois-ci votre plainte va prospérer ?

Le président Moukagni Iwangou est le précurseur de ce type de procédures à l’encontre d’Ali Bongo et je pense qu’elles devraient tendre à se généraliser dès lors qu’il y a matière à le poursuivre.  Notre saisine met en lumière des faits très graves. Nous parlons ici de crimes contre l’humanité et de détournement de deniers publics. Dans un pays normal Ali Bongo serait déjà derrière les barreaux. Notre démarche vise à interpeller le pouvoir judiciaire et de le mettre face à ses responsabilités. Notre devoir pour la Nation est d’utiliser tous les moyens légaux pour empêcher Ali Bongo et ses complices de faire sombrer davantage notre pays et tuer la cohésion nationale.  Si cette procédure ne prospère pas cela prouvera une fois de plus que le pouvoir judiciaire est entre les mains de l’exécutif et les gabonais sauront preuve à l’appui que le pouvoir judiciaire est corrompu et au service d’un système Bongo-PDG-Emergent.

Vous êtes actuellement en partance pour la France. Qu’avez-vous prévu comme action au niveau de l’hexagone en rapport avec l’aboutissement de cette plainte ?

J’ai des rendez-vous avec des parlementaires français ainsi qu’avec le parquet financier de Paris toujours dans le but de faire comprendre aux autorités françaises que le peuple Gabonais va finir par durcir le ton avec la France si les politiques ne changent pas leur approche et leur perception de la situation du Gabon ou les positions se cristallisent. Je vais leur dire que la corde va casser et les conséquences seront imprévisibles pour la communauté française vivant au Gabon et qu’il n’y aura qu’un seul et unique responsable c’est le politique français qui ne veut pas faire évoluer à l’égard des pays Africain son concept «d’intérêt supérieur de la Nation Française».

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